2018-02-01 Soirée Interreligieux

Paris - 1er février 2018

Le 1er février 2018, les sections françaises de la FPU et de la Fédération des Femmes pour la paix ont célébré à Paris l'ouverture de la Semaine mondiale de l'harmonie interconfessionnelle avec une soirée débat autour du film : « André Chouraqui : L'Écriture des Écritures ».

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Comme nous avons un temps limité, je vais moins parler du travail de diagnostic que nous avons fait au sein de la Délégation au Territoire de notre Sénat et plus aborder les propositions et les pistes de travail sur cette question de la prévention de la radicalisation vue du point de vue des mairies et des territoires.
En un mot, pour éviter trop d’idées reçues : nous avons souvent affaire à des individus qui ne sont pas psychologiquement dérangés, mais tout à fait conscients de leurs actes. Ils entrent dans ce processus sans forcément être écrasés par des problèmes sociaux ou personnels. Bien sûr, cela arrive, mais réduire ce processus simplement à des faiblesses personnelles serait une explication trop simple. Je voudrais préciser deux choses qui sont dans le débat français, mais ce n’est pas seulement des questions françaises.

La première est la question de la laïcité, vous savez c’est un mot dont je ne suis pas certain comment le traduire car, en France, c’est un cadre qui permet le respect de toutes les croyances ou non-croyances, de toutes les religions, mais la laïcité ne représente pas un idéal en soi, à elle seule, car sinon vous prenez le risque d’une forme d’excès de laïcité ou laïcisme ou encore, dans un langage plus imagé, laïcat, c’est-à-dire tout réduire à cette démarche presque dans l’excès de rejet des croyances et des religions. Nous avons ce risque en France alors que notre jeunesse aspire à un idéal, y compris dans le domaine spirituel. Donc, nous devons savoir faire la part des choses, c’est une difficulté française.

L’autre aspect, c’est ce que l’on appelle communément le communautarisme, c’est vrai dans tous les pays, c’est le repli sur la communauté avec tous les excès que cela peut favoriser, le repli sur soi. Mais, parfois, chez nous, on en déduit que la communauté, ce n’est pas bien. Or, la communauté c’est très bien : beaucoup d’engagements sont beaucoup plus forts, plus efficaces lorsqu’ils se font dans le cadre de la communauté qui est aussi le respect de chacun. Donc, sachons faire la part des choses et j’en finirai là pour le diagnostic.

Les propositions vues du point de vue des mairies et territoires sont venues après avoir constaté quelles étaient les bonnes pratiques, les bonnes expériences car actuellement aucune loi ne stipule que l’on doive s’engager sur ces sujets car c’est l’affaire de l’état, une affaire de sécurité, etc… or c’est aussi une affaire d’éducation, de contact avec les familles. Nous sommes venus à Bruxelles, avons rencontré les maires de Vilvorde et de Molenbeek. De Vilvorde, à un moment donné, sont partis des dizaines et centaines de djihadistes. Là nous avons rencontré un maire, un homme de terrain, éducateur spécialisé de profession, entouré de jeunes universitaires, diplômés, chercheurs, pour aborder la dimension concrète, pratique, et la dimension de réflexion sur ce qu’il se passait. J’ai beaucoup aimé cette approche à la fois très terrain et très réfléchie. En une phrase : depuis la prise de conscience qu’ils avaient vraiment un problème, l’essentiel de leur travail est d’aller au contact maison par maison, appartement par appartement, afin de rencontrer les familles avant l’apparition des problèmes. Il y a eu une baisse spectaculaire. Je ne parlerai pas de Molenbeek où le problème reste à résoudre.

Les recettes locales face à la radicalisation dépendent de la structure des états, fédéraux ou centralisés, mais les territoires doivent être partenaires. J’ai été maire pendant 20 ans d’une ville alsacienne, Mulhouse, et ai été un des pionniers des politiques de prévention de la délinquance et de partenariat entre l’état et les communes sur la sécurité. Commencer cela a été difficile car ce n’était pas dans notre culture et, au fil des années, des actions de prévention et de sécurité ont été coproduites. Et donc, je sais que c’est possible et cela crée, entre le niveau local et les représentants de l’état : la police, la gendarmerie, l’école, les juges, un climat de confiance qui, ensuite, se transmet de génération en génération. Et je me suis dit : au fond, la prévention de la radicalisation représente une question plus complexe, sensible. On sait déjà travailler ensemble sur les questions classiques de délinquance, il devrait être possible de mettre en place des dispositifs dans lesquels les autorités locales puissent jouer un rôle en matière de radicalisation. Par exemple, à Sarcelles où vivent de multiples communautés : juive, chrétienne, musulmane une politique d’information, de sensibilisation, de formation des personnels en contact avec les citoyens, les jeunes de prévention de la radicalisation, de lutte contre la déscolarisation, contre le basculement dans des écoles privées, confessionnelles sans aucun contrôle qui sont des écoles quasi coraniques, salafistes.

Dans d’autres endroits, notamment dans un endroit de Bourgogne, Chalon sur Saône, la mairie a formé une cellule de signalement des agents municipaux pour détecter, dès le début tous les signaux faibles qu’ils peuvent rencontrer. Dans ma région, à Colmar, les chefs de cour, au parquet : le procureur et les juges ont mis en place un dispositif concernant les personnes qui ne sont pas forcément condamnées, mais sont dans des procédures judiciaires directement ou non, en attendant une peine, avec des associations sociales très contrôlées, d’entrer dans un processus de déradicalisation pris au début. On a vu aussi des initiatives envers les enfants qui reviennent du djihad. La présence adulte sur le terrain au niveau éducatif, social, associatif, doit être renforcée, préparée et adaptée à ces questions. Des territoires entiers n’ont plus aucune structure pour la jeunesse, à part la structuration salafiste communautariste.

Je vais rencontrer la ministre de la justice en début d’année car il y a, je crois, une volonté d’améliorer notre système pénitentiaire sur ce sujet. Nous avons pris du retard, pour le rattraper autant démarrer sur une bonne base. En tant que personne ayant rempli des responsabilités locales, nationales à différents niveaux, je pense que nous devons privilégier aujourd’hui la philosophie d’une démocratie substantielle qui encourage les convictions, le débat sur les valeurs, l’envie de s’engager, l’idéal qui est proposé et pas simplement une démocratie procédurale qui se contente de parler institution, contrôle ou cadre. C’est essentiel, mais insuffisant. Nous avons la capacité, c’est en cela que se juge la valeur d’une société, de surmonter ce mal. Mais il y a encore beaucoup à faire.

 

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Je suis assez gêné de ce qui se dit depuis tout à l’heure, notamment par ma voisine, car je perçois un discours très caricatural et idéologisé dans le sens où, lorsque l’on a un adversaire dans le camp sociétal, on a tendance, pour le combattre, à le dénaturer. Entendre parler de musulmans ou société musulmane me donne envie de rire, tellement la présentation donne l’impression de se référer à un élément sociologique homogène. Or, il est tout sauf homogène ; comme tout autre groupe social ou religieux, les musulmans sont profondément hétérogènes. La plupart des musulmans du quotidien veulent rouler dans une voiture de moins de 2 ans, prennent des crédits en banque sur 25 ans, regardent les émissions de télé-réalité et veulent posséder le dernier iPhone.

Parmi eux, en effet, certains engagent une redécouverte de leur foi. Je suis de la génération qui, au début des années 90, a redécouvert sa foi et je dois dire que, loin des caricatures, pour beaucoup, la redécouverte de la foi a été un élément d’intégration fort, notamment par les études dans le sens où, enfants d’immigrés nous sommes et, pour beaucoup d’entre nous, la pratique religieuse a permis que nous ne soyons pas dans la reproduction sociale. C’est-à-dire que la pratique religieuse a provoqué une conscientisation qui nous a amené à une rupture en termes d’élévation sociale avec la génération ouvrière de nos parents. Moi qui suis membre depuis près de 25 ans de l’Union des Organisations Islamiques de France que l’on dit proche des frères musulmans, je n’ai connu, à l’intérieur de cette fédération, que des éléments et trajectoires de réussite sociale avec, en effet, un souci conservateur en terme sociétal extrêmement prégnant.

C’est pour cette raison que j’ai participé à la co-fondation de la manif pour tous qui a constitué la principale opposition au mariage homosexuel. Je suis un musulman conservateur et n’ai pas à en rougir. J’en suis même assez fier. Le fait que certaines mosquées soient ouvertes aux homosexuels me fait très plaisir, parce que l’homosexualité n’est pas un fait d’excommunication religieuse. Donc, la caricature provoque un diagnostic faux, ne permettant pas de soigner de manière efficiente, un corps malade. Si nous avons une vue fantasmée des musulmans d’Europe ou du monde, considérons les musulmans à travers l’œil idéologisé du progressisme qui voudrait faire de la théorie du genre, du mariage homosexuel, de l’euthanasie les nouvelles normes, je dis non : je ne suis ni pour le mariage homosexuel, ni pour la théorie du genre, ni pour l’euthanasie.

En revanche, je pense que l’ensemble des courants religieux, musulmans ou non, doivent pouvoir s’exprimer sans être diabolisés. En effet, chez les musulmans, il existe des éléments radicaux et violents. Il faut les éradiquer : tolérance zéro. Jadis, les protestants ont souffert de la violence catholique en France. Mais les catholiques ont souffert de la violence protestante en Hollande. L’idéologie communiste a produit de la violence. Qu’il s’agisse de religion, de philosophie, de théorie politique, à un certain moment, des éléments de violence vont se manifester. Faut-il, pour autant, caricaturer l’ensemble à cause de ces éléments minoritaires ? Evidemment non : 90% des victimes du terrorisme sont musulmanes. Et le discours conservateur ne peut être neutralisé, notamment celui qui considère le mariage homme femme comme étant la norme, la cellule familiale comme la base de la société, les genres masculin et féminin comme différenciés, s’il est considéré comme élément rétrograde, intégriste, fondamentaliste, alors j’en fais partie.

Je souhaite, avec mes amis catholiques en France, devoir raser les murs. Par exemple, je viens d’un pays auquel je suis farouchement attaché. La presse française me définit comme nationaliste. Je me définis comme patriote. Je suis attaché à la France et à l’anthropologie catholique de la France. Au XVIIème siècle, il y a eu les lumières, un vocable profondément religieux pour des gens qui dénaturaient l’idée de la religion. Et puis, il y eu la révolution française au XVIIIème siècle où l’on a coupé la tête d’un roi parce qu’il était le garant d’un ordre religieux et, en 1905, un peu plus d’un siècle plus tard, on a séparé la religion et l’état. Puis, en 1968, il était interdit d’interdire et, en 1974, on a autorisé l’avortement. Enfin en 1999, l’union civile entre deux êtres du même sexe est devenue possible et, en 2014, ce fut le mariage homosexuel. On parle maintenant de procréation médicalement assistée, c’est-à-dire la possibilité, pour un couple de lesbiennes, d’avoir des enfants. Le gouvernement français actuellement légalise le fait qu’un couple d’homosexuels hommes puisse acheter un enfant à l’étranger et lui donner très normalement et librement les papiers français, une manière de légaliser ce qu’on appelle la Gestation Pour Autrui.

Ce que je veux dire par là, c’est qu’au XVIIème siècle, on a produit une idée caricaturale du catholicisme. Elle a permis une révolution athée. Cet athéisme a produit un bouleversement des valeurs qui a induit une négation des valeurs des sociétés et de l’être humain. Si l’on caricature aujourd’hui les musulmans au nom d’idéologies dites progressistes, en amalgamant le musulman, l’islamiste, le radical, le terroriste, on est en train de tuer un des bastions principaux de résistance à cette post modernité anti religieuse car si, au XVIIème siècle, un vent a soufflé sur l’Europe pour dire non à la religion, je crois que le pays auquel je suis farouchement attaché, qui a été nommée fille aînée de l’église, est aujourd’hui le premier consommateur d’antidépresseurs. Dieu a été chassé de la société et, forcément, à la place des valeurs initiées par Dieu, on trouve les valeurs de l’anti Dieu.

Je suis parmi vous aujourd’hui parce que je crois fondamentalement à ce que l’ensemble des personnes, croyantes ou non, conscientes de l’identité naturelle de l’être humain, de la famille naturelle, doivent prendre conscience des éléments majeurs qu’apporte la post modernité en terme de destruction des fondamentaux de l’être humain.

Madame peut ouvrir une mosquée LGBT. Pourquoi pas ? En revanche, produire un discours caricatural sur Erdogan, les musulmans en général, la charia, mot qui fait très peur car on coupe la main des voleurs et on tue les femmes grâce à elle. Cela ne veut rien dire : charia signifie code, par exemple manière de prier, de jeûner. A l’intérieur de la charia, certains éléments doivent être profondément modifiés, réformés. C’est le travail des théologiens qui y travaillent, parfois même condamnés à mort par DAESH. Mais, caricaturer l’ensemble de la pratique musulmane pour en faire un élément rétrograde va participer à fractionner, séparer davantage l’ensemble du camp des valeurs naturelles. Je n’ai pas de problème avec l’identité chrétienne de la France, musulmane de la Turquie. Je ne veux pas que la post modernité qui aujourd’hui propose la marchandisation des enfants se serve de la caricature de la religion pour imposer cette abomination qui contredit de fait la loi naturelle.

La route de la paix, un projet pour la paix mondiale

« Relier le monde grâce à la paix » est l’une des devises de la « Route de la paix » (Peace Road) lancée en 2013, notamment par la Fédération pour la paix universelle, la Fédération des familles pour la paix et la fédération des femmes pour la paix.

ONULa Fédération pour la paix universelle félicite l'Organisation des Nations Unies à l'occasion de son 70e anniversaire.

du 28 au 31 mai 2015

MCLa marche « No Finish Line Paris » de SIEMENS était une course de 82 heures non-stop du 28 au 31 mai 2015 au profit de plusieurs associations d’aide à l’enfance.

Citations

Face à tous ceux qui te dévorent, aimer est plus fort que d’être aimé.

Daniel Balavoine

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