Masculin-Féminin : les deux pôles d’une culture de la paixLa FFPM et la FPU ont organisé le 20 avril 2013 son premier atelier mensuel de l’année sur le thème: « Masculin-Féminin : les deux pôles d’une culture de la paix. »

 

Masculin-féminin, colonne vertébrale du vivant

par Sabine Bourgeat

 

Masculin-Féminin : les deux pôles d’une culture de la paix

S’il est quelque chose qui donne du sens à notre vie, c’est bien le masculin et le féminin. La grande Affaire de la vie, c’est de découvrir son mystère, son sens, et la façon dont cette polarité psychique nous constitue… Si beaucoup ignorent de quoi nous parlons en ce moment, c’est qu’en Occident, cette réalité relativement invisible de nos jours, a été occultée, interdite. Depuis que la spiritualité et la foi sont devenues le privilège de religions institutionnalisées, avec les excès que l’Histoire nous a fait connaître (les guerres dites « de religion »), notre continent a tout rejeté en bloc : Dieu, la spiritualité, tout en conservant ses représentants. Les années 70, avec son mouvement dit de libération en 68, sentant cette confiscation de notre spiritualité sans la comprendre tout à fait, s’est délestée de tout. D’où l’idée que le masculin et le féminin n’existent pas en soi, qu’il ne s’agissait que d’une idéologie forcément bourgeoise, conservatrice, pour maintenir la femme dans la soumission et la sujétion à son époux… « Chacun sa place». A la mort de Dieu a succédé l’idolâtrie des idéologies.

Une polarité psychique dont dépend notre équilibre

 

Dès la Genèse, il est rappelé que la femme n’est pas extérieure à l’homme, mais intérieure à lui. Quand Adam se réveille de son sommeil (quand il devient conscient), il est ravi à la vue d’Eve, qu’il découvre, n’ayant jamais vu de femme, puisqu’elle est la 1ère créée : « Mais c’est la chair de ma chair ! » Les théologiens catholiques se sont vite empressés de traduire quelle était sortie de la « côte » d’Adam, signifiant son infériorité par rapport au corps qui l’abritait, l’homme. Et si la côte était plutôt ce qui abrite le cœur de l’homme ? La partie la plus intime de lui-même ? Sans jamais l’avoir su ni appris d’une source extérieure, Adam reconnaît Eve immédiatement… Elle lui est donc intérieure, une partie de lui-même. La capacité à être à l’écoute, de soi-même (conscience de ses limites, vulnérabilités…), savoir s’arrêter à temps, se poser, faire usage de son intuition.   Le féminin intérieur s’apparente alors ici à la sagesse ; un peu comme un patron face au mécontentement général de ses employés qui, au lieu de les menacer, accepte un dialogue, un compromis, une écoute. Geste salvateur qui évite peut-être à l’entreprise une grève généralisée, des démissions à la chaîne, des turn over, etc. Le féminin intérieur serait comme notre Mère originelle, intérieure, qui nous arrête à temps, protectrice. C’est la raison pour laquelle, sans doute, le Décalogue nous exhorte à quitter nos parents. Quoi de plus évident ? Ces paroles ne parlaient pas de partir, de quitter le domicile familial, mais peut-être, bien plutôt, la croyance ancrée en nous depuis notre naissance, que nos parents biologiques ne sont que nos tuteurs, à qui Dieu, la Nature, a confiés notre venue, gestation, naissance et croissance. Quitter nos père et mère extérieurs dans notre cœur d’enfant, pour nous reconnecter avec notre Source intérieure : pour découvrir que nous sommes à nous-mêmes notre père et mère intérieurs. Cette trace des parents originels est ancrée en nous, ensommeillée, quasi oubliée.

Inversement, le masculin intérieur est cette faculté qui nous pousse à rebondir après l’épreuve, à faire preuve de résilience, à faire preuve de détermination face aux échecs. Le féminin intérieur seul nous pousserait à tomber en dépression, à baisser les bras, passifs ou résignés. Le masculin intérieur venant au secours de notre féminin est ce qui nous galvanise face à un échec (défi plutôt que paralysie). La vie et son lot d’épreuves nous envoie « au fond du trou » : c’est là qu’on se retrouve le jour où on perd son emploi, où on est assailli par les dettes jusqu’au cou, où on est abandonné, quitté par celui ou celle que l’on aime, où on tombe malade. Ce jour où on a l’impression que même Dieu, notre espérance, ns ont laissé tomber pour de bon. Le « trou » est l’endroit où le « masculin en nous » nous fait découvrir certaines ressources cachées en nous, qu’on avait toujours ignorées. Le masculin manifeste sa force à travers nos faiblesses. Et notre féminin de louer ces épreuves, qui lui ont fait découvrir ce masculin caché en nous…

Ce que nous appelons Dieu depuis des milliers d’années, ne s’exprime-t-il pas à travers la reconnaissance du féminin par le masculin, et vice-versa ? Les noces du masculin et du féminin nous apprendraient-elles à rencontrer le divin en nous ? A expérimenter Dieu en nous ?

Le mensonge de la théorie du Gender…, et la levée de boucliers du peuple français

Jusqu’ici, on nous avait appris que la différence était le propre du vivant : le chaud/le froid, l’humide/le sec, le bas/le haut, la matière/l’antimatière, l’air/la terre, l’eau/le feu…  Le principe de cette théorie s’appuie sur la distinction radicale chez la personne humaine entre son sexe biologique et son identité sexuelle. Si le sexe biologique est déterminé dès la naissance, l’identité sexuelle est « la perception subjective que l’on a de son propre sexe et de son orientation sexuelle » (selon la manuel Hachette), et est le fruit d’un climat culturel et d’un conditionnement social. Le garçon qui se rue sur un camion et la petite fille sur une poupée serait ainsi le résultat de » représentations sociales transmises », sans relation avec le sexe biologique. L’être humain doit donc demeurer libre de construire sa propre identité sexuelle. Indépendante de l’identité sexuelle de la personne, l’orientation sexuelle devrait quant à elle être un choix totalement libre selon ses désirs.

Masculin-Féminin : les deux pôles d’une culture de la paix

L’orgueil s’érige ici en vérité scientifique, dans le plus pur déni de la réalité de la différence des sexes. On se recrée, comme dans une 2ndre Création, on choisit notre identité sexuelle, à notre guise, indépendamment du sexe biologique, visible, avec lequel nous sommes nés.

On assiste clairement à un embrigadement des esprits, à qui l’on veut faire croire (de manière on ne peut plus grossière !), que notre sexe n’est pas déterminé tant qu’on ne l’a pas « choisi ». Outre la justification de l’homosexualité qui en découle, par avance, (à quel dessein ? Pourquoi ?), cette dernière est promue au rang de norme, et l’hétérosexualité,  une excroissance… Cela revient à nous mentir sur notre origine. Coupés de tout rapport à Dieu, de toute culture religieuse, de la connaissance de nos origines, on traite l’Homme comme un produit de fabrication, prisonnier d’un consumérisme condamné à le manger lui-même… Quand on évacue par la porte la question et l’importance de l’origine de chacun de nous, c’est la mode, l’ère du temps qui s’en empare…, souvent pour le pire. Jusqu’où la techno-science ira-t-elle se substituer au vivant ? Jusqu’à ce qu’elle débloque des fonds de recherche, et génère des sommes d’argent considérables pour faire appel à des mères porteuses… Ne serions-nous pas en train d’assister à un déicide, à une profanation de notre corps, sanctuaire divin ? Même les athées ressentent cela, sans donner à leur sursaut moral ce nom-là… Nos cœurs battent pourtant à l’unisson sur cette question.

C’est la 1ère fois, depuis 68, qu’un sujet soulève les Français comme cela… Pas seulement en raison d’un ras-le-bol général en temps de crise profonde. Il est encourageant et significatif que ce soient les atteintes du gouvernement à nos racines et nos valeurs (filiation, transmission), aux repères des citoyens qui les fassent réagir à ce point : si le motif de la résistance qui se crée en France est le droit des enfants à connaître et à être élevés par leur père et leur mère biologiques, issus d’une famille, plus en profondeur, on peut se demander si ce n’est pas la privation d’espérance, le tout-technologique remplaçant Dieu, qui choque inconsciemment les Français : la toute-puissance du masculin qui viole littéralement le féminin. D’après certains discours émis lors de Manifs Pour Tous, il a bien été question à plusieurs reprises de libérer la France de son emprise soixante-huitarde individualiste, faussement émancipatrice : on a voulu tenir le féminin en esclavage, faire taire sa fécondité, taire des moyens de contraception qui se sont avérés dangereux pour la santé (le scandale des pilules de troisième et quatrième génération…), louer l’utérus de mères porteuses (comme une marchandise-objet), au profit d’un tourisme procréatif, très lucratif pour l’Etat et les fonds que la recherche en génétique va pouvoir faire débloquer…

Le retour à la foi se ferait-il par l’intermédiaire du refus des Français de se voir destitués de leur identité sexuelle par une loi dont personne ne veut, imposée par une poignée d’individus ? Le féminin et le masculin réunis nous donnent la foi, nous rendent solidaires, unis et forts, là où leur privation, séparation, divorce, nous mutile, nous affaiblit, et nous ôterait tout espoir, déboussolés. Les « gardiens » de notre cité seraient-ils en train d’abattre ses murs ? Je crois que c’est négliger que le féminin et le masculin, complices, ont plus d’un tour dans leur sac…  Je veux croire que la foi reviendra parmi nous dans l’insupportable transgression de l’éthique, du bon sens et de l’amour qui nous a construits. Un sursaut d’indignation, qui nous rappellera alors, comme le disait Christian Combaz, que « l’homme est désespérément moral » (Lettre à Raymond qui ne croyait pas au bon Dieu, éd. Laffont, 1991). Il est en train de prendre conscience qu’il mérite mieux que cela.

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