Une vingtaine de jeunes italiens âgés de 16 à 24 ans ont passé une semaine en Israël et dans les territoires palestiniens pour y découvrir la jeunesse et prendre part à des activités bénévoles dans la communauté.

 

Une vingtaine de jeunes italiens âgés de 16 à 24 ans ont passé une semaine en Israël et dans les territoires palestiniens pour y découvrir la jeunesse et prendre part à des activités bénévoles dans la communauté. M. Giorgio Gasperoni, secrétaire général de la FPU à San Marin, conduisait le groupe de lycéens et d’étudiants, venus de dix villes italiennes.

Daniela est la fille de M. Gasperoni. Cette étudiante organise des projets de bénévolat pour les jeunes. « Israël est très proche du cœur des Italiens et de notre histoire, dit-elle. Ce voyage m’a tellement rapproché des lieux historiques où Jésus a grandi mais aussi des gens qui vivent là aujourd’hui. »

Du 27 décembre 2007 au 3 janvier 2008, les jeunes ont fait du volontariat, ont rencontré des jeunes gens arabes et juifs, et découvert le pays. Accueillis par les Juifs et les Palestiniens, ils ont tissé de nombreuses amitiés. Cet échange entre jeunes italiens et jeunes israéliens et palestiniens s’inscrit dans un programme continu de dialogue interconfessionnel et de volontariat. Le bureau international de la Fédération des Jeunes pour la paix mondiale (FJPM) prévoit d’intensifier ce programme avec FJPM-Israël en 2008.

En consultation avec les ambassadeurs de paix senior, les jeunes palestiniens et israéliens ont organisé un programme instructif qui donnait à leurs visiteurs italiens autant de temps que possible pour rencontrer sur place des gens des diverses communautés. Les rencontres concernaient les principales dénominations religieuses, donnant aux visiteurs des occasions de saisir toute la diversité sociale de la Terre Sainte.

Les participants ont été accueillis à Jérusalem par Hod Ben Zvi, secrétaire général de la FPU en Israël, et le Dr Muli Peleg, professeur de sciences politiques à l’université de Tel Aviv et co-président de One Voice, organisation de jeunes israéliens et palestiniens travaillant pour la paix. Après une introduction sur le conflit israélo-palestinien, le Dr Peleg a expliqué le travail de son association pour le résoudre. Des jeux ont permis de briser la glace et d’amener la détente entre les jeunes, afin qu’ils se sentent à l’aise.

Le professeur Eliezer Glaubach a guidé un tour du vieux Jérusalem, dont il fut conseiller municipal. Le tour, qui comportait la via dolorosa et l’Eglise du Saint Sépulcre, vénérées par les Chrétiens, s’est achevé au Mur occidental, seul lieu saint accessible aux Juifs pour la prière. La visite de Yad Vashem, mémorial de l’holocauste, a aidé les Italiens à saisir ce drame de l’histoire juive. Les visiteurs ont aussi rencontré des personnalités de la ville et des guides religieux de diverses communautés.

Outre la visite des lieux saints, l’itinéraire comportait les camps de réfugiés de Bethléem et de Jérusalem est. Les Italiens ont pris un bateau sur le Lac de Galilée, visitant les sites historiques de Tibériade et Nazareth. Visiter Jaffa et Tel Aviv a donné aux jeunes visiteurs un aperçu de l’Israël moderne et citadine, qui contraste fortement avec l’ambiance religieuse traditionnelle typique de Jérusalem.

Ce qui a rendu cette semaine inoubliable, ce sont les nombreuses occasions de faire des projets avec les personnes sur place, jouer avec les enfants, et discuter de préoccupations communes avec d’autres jeunes. Chaque rencontre avait une saveur unique.

A l’université hébraïque de Jérusalem, ils ont rencontré des dirigeants de l’union des étudiants et des groupes de bénévoles. Dans les groupes de discussion, ils ont échangé librement les uns avec les autres. Les Italiens étaient curieux de connaître la vie des étudiants israéliens et ces derniers ont demandé à leurs visiteurs ce qu’ils pensaient du mur de séparation ; ils ont aussi rencontré deux femmes qui servent dans l’armée israélienne. Les visiteurs leur ont posé de nombreuses questions sur leur vie militaire et leurs préoccupations patriotiques. Les soldats ont alors demandé aux Italiens en quoi ils se sentaient eux-mêmes concernés par leur propre nation.

Les Italiens ont aidé un groupe de scouts juifs, Mashatzim, à nettoyer des détritus dans une forêt qui avait abrité une implantation juive. Ils ont ri ensemble en trouvant des objet tels que de vieux cadres de photos ou des restes de piscines gonflables.

Dans un centre communautaire pour des juifs éthiopiens immigrés de la ville méridionale de Beer Sheva, un groupe a peint un local électrique dans un quartier déshérité, en y mettant des couleurs vives et le mot paix. Les résidents ont été déçus que les jeunes ne puissent pas repeindre tout le voisinage. Un autre groupe a planté des arbres dans la cour d’un centre communautaire et nettoyé la zone. Puis ils ont joué avec des enfants d’une école maternelle.

Une lycéenne italienne, Chiara de Notaris, a dit alors : « Je n’oublierai jamais les yeux des enfants, les sourires des garçons et des filles. On se ressemble tant, on a les mêmes rêves, craintes, et espoirs de paix. »

Dans la ville de Petach Tikva, au centre d’Israël, les Italiens ont rencontré 25 jeunes en plein stage de formation au bénévolat communautaire. Les visiteurs les ont écouté avec intérêt détailler le programme de bénévolat, et les jeunes israéliens étaient inspirés par le concept du festival international de la paix.

Les Italiens se sont familiarisés avec le sort des Arabes de confession musulmane ou chrétienne vivant en Israël. Ils ont rencontré des jeunes chrétiens arabes à Nazareth, qui ont parlé de leur vision de la vie et de ce qu’ils aimeraient accomplir. Les visiteurs les ont beaucoup interrogés sur leurs opinions politiques. A la fin, les deux groupes se sentaient si proches qu’ils ne voulaient pas se séparer. Des étudiants arabes israéliens de l’université d’Haïfa ont dit toute leur lassitude du conflit et des murs de séparation entre territoires israélien et palestinien. Après un repas arabe et des danses arabes, les Italiens se sont joints à des danses traditionnelles.

Il y avait aussi des occasions de rencontrer des Palestiniens. Dans l’unique centre communautaire de la vieille ville de Jérusalem, ils ont joué avec des enfants d’abord hésitants mais qui, à la fin, ne voulaient pas se séparer de leurs nouveaux amis italiens. Dans le camp de réfugiés de Shoafat à Jérusalem est, les italiens ont visité un lycée de filles et leur ont posé une foule de questions sur le code vestimentaire et la culture musulmane ; quelques filles ont accompagné les visiteurs dans les ONG à Ramallah, sur la rive occidentale afin de poursuivre leurs échanges. Le secrétaire général de la FPU en Palestine, M. Kamal Tabet, a parlé des projets de petits déjeuners dans les garderies et des activités pour les jeunes à Gaza.

« Ce qui m’a le plus frappé était de voir des jeunes de 18 ou 19 ans servir dans l’armée et porter des armes » s’est exclamée Daniela. Elle a été touchée par les Arabes qui lui ont dit qu’ils se sentaient sans cesse jugés ou craints du seul fait d’être arabes. Chiara a remarqué : « Les récits d’adolescents comme nous sont inoubliables et nous ont placé à l’intérieur même du conflit. » Ce qui l’intéressait surtout était la façon dont les jeunes voyaient les perspectives de paix. Pour l’un, tout était une affaire de liens de confiance à instaurer. Une autre personne a dit son espoir que la paix vienne par étapes. Mais d’autres semblaient sceptiques sur une possibilité de résoudre le conflit car les décisions sont entre les mains de ceux qui détiennent le pouvoir. »

Les visiteurs ont fêté la Saint Sylvestre avec des membres de la Fédération des Jeunes pour la paix mondiale locale. M. Gasperoni a parlé l’idéal de l’amour pur, et chaque participant a pris un bonbon enveloppé dans un papier avec un message unique sur l’amour vrai, qui a été lu devant tout le groupe ; tous ont ensuite pris part à un programme artistique.

Le dernier soir, le Dr Shuki Ben Ami, un ambassadeur de paix israélien, a donné un discours inspirant et a invité les participants à former un cercle, joindre les mains et « regarder le visage de votre voisin et imaginer que vous regardez le visage de Dieu ».

Chaque participant a reçu un certificat d’ambassadeur de paix. Pour rester en contact, les jeunes gens ont échangé leurs adresses e-mail. Ces étudiants étaient parrainés par leur école, le lycée scientifique de Pesaro et devaient envoyer un rapport de leur voyage au ministre de l’Éducation à Rome.

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