Cet article a pour vocation de questionner l’engouement actuel de l’Occident pour l’Orient. D’une part cet article constitue une présentation des principales cultures, philosophies et religions d’Asie et d’autre part il met aussi en lumière les enjeux géopolitiques, économiques et sociétaux entre l’Orient et l’Occident. Cette démarche recouvre tout le champ théorique des sciences humaines, tout en laissant une place à des aspects plus pratiques, notamment à travers des exposés d’élèves. L'article convoque de manière transversale l’ensemble du champ des sciences humaines en privilégiant une approche à la fois culturelle, spirituelle et géopolitique.

ORIENT-OCCIDENT : Etude comparée des cultures européennes et asiatiques

Cet article* a pour vocation de questionner l’engouement actuel de l’Occident pour l’Orient. D’une part cet article constitue une présentation des principales cultures, philosophies et religions d’Asie et d’autre part il met aussi en lumière les enjeux géopolitiques, économiques et sociétaux entre l’Orient et l’Occident. Cette démarche recouvre tout le champ théorique des sciences humaines, tout en laissant une place à des aspects plus pratiques, notamment à travers des exposés d’élèves. L'article convoque de manière transversale l’ensemble du champ des sciences humaines en privilégiant une approche à la fois culturelle, spirituelle et géopolitique.

* Il s'agit de l'article ou cours sur lequel sa présentation a été basée [NDE]

1- La complémentarité entre l’Occident et l’Orient.

2- Civilisations indienne, atlantique et  pacifique.

3- Les convergences entre la pensée grecque et la pensée indienne.

4- La pensée chinoise : le confucianisme et le taoïsme.

5- Bouddhisme et psychologie.

6- La Corée ou le pays du matin calme.

7- Le Japon, entre Tradition et Postmodernité.

8- L’Asie du sud-est ou la synthèse des trois orients.

9- Le Moyen-Orient, entre spiritualité et géopolitique.

10- La Californie comme synthèse entre l’Orient et l’Occident.

Bibliographie :

Magazine génération tao – Marcel Granet, la pensée chinoise – Isabelle Robinet, Comprendre le Tao – Suzuki, Fromm, Martino, Psychanalyse et bouddhisme zen – Mishima, Le Japon moderne et l’éthique samouraï – Albert Schweizer, la pensée indienne – Gérard de Nerval, Voyage en Orient.

La complémentarité entre l’Orient et l’Occident.

« Laissez-moi un peu regarder du côté de la plus haute Asie, vers le profond Orient. J’ai là mon immense poème. » Jules Michelet

Il y a indéniablement aujourd’hui un véritable engouement de l’Occident pour tout ce qui vient d’Orient et particulièrement d’Extrême-Orient : méditation zen, médecine chinoise, arts martiaux, yoga, feng-shui ou réincarnation…Certains observateurs cyniques n’y voient qu’un phénomène de mode tombant à pic pour relancer une consommation au point mort. Ma thèse consiste au contraire à affirmer que cet engouement est révélateur d’une complémentarité fondamentale entre les cultures européennes et asiatiques qui occupent les deux côtés du seul et même continent Eurasien…

Ce goût actuel de l’Occident pour l’Orient est le troisième moment d’un mouvement historique commencé au 19ème siècle. L’Europe intellectuelle était alors sous l’emprise du mythe de l’Orient avec un mélange de fascination et de frayeur. En France, Victor Hugo évoquait l’Asie sauvage et mystérieuse, Lamartine et Nerval écrivaient chacun leur voyage en Orient, tandis qu’en Allemagne Nietzsche faisait l’éloge de la pensée indienne et que Schopenhauer se passionnait pour le Bouddhisme. Après la révolution industrielle et le formidable essor économique et technologique de l’Europe et de l’Amérique, les nations émergentes de l’Asie comme le Japon ont cherché à copier le modèle de développement occidental. Aujourd’hui, alors que les pays d’Extrême-Orient ont dépassé l’Occident sur son propre terrain matériel, c’est à nouveau la culture européenne qui vient puiser dans les trésors spirituels de la culture asiatique.

La complémentarité entre les cultures européennes et asiatiques peut être métaphoriquement comparée à la complémentarité entre le cerveau gauche et le cerveau droit chez l’être humain. La science du cerveau a découvert que la partie gauche du cerveau régissait les fonctions rationnelles et scientifiques de la pensée tandis que le cerveau droit serait le siège de l’intuition et de l’imagination. L’Occident qui a surtout développé les aspects matériels de l’existence correspondrait au cerveau gauche tandis que l’Orient qui a plus privilégié les aspects spirituels correspondrait au cerveau droit. Cette différence entre la psychologie occidentale et orientale est parfaitement résumée par le maître zen japonais Suzuki. Ce dernier compare l’attitude typique d’un occidental et d’un oriental devant une belle fleur. Le premier aura tendance à la couper afin de se l’approprier dans un vase, tandis que le second cherchera plutôt à entrer en osmose avec elle, à devenir lui-même une fleur ! Bien qu’un peu caricaturale (tendance asiatique…), cette anecdote a le mérite de bien nous faire comprendre la nature intime de la différence d’attitude inhérente aux deux cultures.

Cette complémentarité psychologique se reflète aussi sur le plan sociologique et logique. Tandis que la société occidentale se caractérise par son individualisme, la société orientale est marquée par son collectivisme. Cela explique l’importance plus grande donnée par les orientaux aux valeurs familiales et civiques ainsi qu’une certaine soumission à l’ordre établi. En Occident c’est la pensée analytique de type cartésien qui prédomine tandis qu’en Orient on favorise l’esprit de synthèse. La logique occidentale fonctionne conformément au principe d’identité et de non-contradiction inventé par Aristote, tandis que l’Orient s’accommode très bien du paradoxe et de la contradiction à l’image des célèbres « koans » zen.

Ainsi, telles les deux faces d’une même médaille ou les deux gouttes du cercle taoïste l’Occident et l’Orient sont indispensables l’un à l’autre. Grâce aux progrès de la communication, les échanges entre ces deux pôles complémentaires sont destinés à s’intensifier indéfiniment…

Civilisations indienne, atlantique et pacifique.

« Ce que les hommes appellent civilisation, c’est l’état actuel des mœurs et ce qu’ils appellent barbarie, ce sont des états antérieurs. Les mœurs présentes, on les appellera barbares quand elles seront des mœurs passées. » Anatole France

En montrant le relativisme des notions de civilisation et de barbarie, l’écrivain français Anatole France a bien perçu ce que l’historien anglais Arnold Toynbee a appelé métaphoriquement le cycle océanique des cultures. Aujourd’hui, la civilisation atlantique représentée par l’Occident européen et américain, dominante jusqu’alors, est entrée dans une phase de déclin tandis que la civilisation pacifique représentée par l’Extrême-Orient, avec la Chine en tête, est en plein essor.

C’est à Arnold Toynbee (1889-1975) que revient l’immense mérite d’avoir identifié un tel cycle saisonnier et océanique des civilisations. C’est aussi à l’historien anglais qu’on doit la distinction des sphères culturelles toujours en vigueur dans nos manuels d’histoire-géographie. Toynbee a observé dans l’Histoire un mouvement de « rétrécissement culturel » avec le passage progressif d’une vingtaine de grandes civilisations à l’Antiquité aux quatre grandes sphères actuelles : la sphère judéo-chrétienne ou occidentale, la sphère arabo-musulmane, la sphère indienne et la sphère orientale. Le « visionnaire » anglais pressentait l’émergence future d’une nouvelle civilisation unifiée, mais la crise du monde actuel semble avoir retardé l’avènement de cette cinquième civilisation éclairée ! Pour Toynbee les premières grandes civilisations sont nées sur les rives de l’Océan indien avec le choc initial de l’invention de l’écriture en 4000 avant notre ère à Sumer. Après le déclin de la Babylone de Nabuchodonosor c’est la Perse de Cyrus qui est devenu l’empire dominant tandis que l’Inde était déjà la civilisation la plus avancée intellectuellement. Le déclin perse a profité à son tour à l’émergence de l’Egypte qui géographiquement est un véritable carrefour entre l’Océan indien et l’Océan atlantique, bordée à la fois par la Mer Rouge et la Méditerranée. La civilisation égyptienne a fécondée la Grèce, puis l’Empire Romain. Avec la chute de Rome en 476 c’est une nouvelle civilisation nordique bordée par l’Atlantique qui a pris l’ascendant. A l’époque contemporaine, l’Amérique a joué entre l’Atlantique et le Pacifique le même rôle pivot que l’Egypte jadis entre l’Océan indien et l’Atlantique.

En tant qu’historien au sein de l’armée coloniale britannique en Inde, Toynbee a eu l’occasion de s’initier à la philosophie indienne. Son génie intellectuel l’a conduit à intégrer la conception indienne du karma à sa propre vision de l’Histoire. Le grand mérite de cette vision nouvelle est d’éviter le double écueil de l’optimisme occidental et du pessimisme oriental. En effet, de par sa vision linéaire de l’histoire, héritée du judéo-christianisme, l’Occident est tombé dans l’illusion d’un progrès indéfini de l’espèce humaine à travers la science et la démocratie. Inversement, marqué par la vision cyclique du temps propre à l’hindouisme, l’orient a été beaucoup freiné dans son progrès par son fatalisme et son manque de révolte contre le despotisme. Ainsi, la vision « culturelle » de l’Histoire défendue par Toynbee fait la synthèse entre les visions cyclique et linéaire, constituant une vision spiroïdale. De par ses convictions chrétiennes, Toynbee maintient l’idée que l’Histoire a un sens qui consiste à permettre l’avènement futur d’un monde de paix. Mais sous l’influence de l’hindouisme, Toynbee a appliqué subtilement le principe de la réincarnation à l’Histoire, ce qui permet d’expliquer les étranges répétions historiques.

Si le cycle océanique va jusqu’au bout de sa logique on devrait assister à l’émergence future d’une nouvelle culture autour de l’océan indien. Or, il y a aujourd’hui le frémissement de l’émergence d’une cinquième civilisation de synthèse entre l’océan Pacifique et l’océan Indien avec l’Océanie, le cinquième continent. A en croire l’ethnologue américaine Margaret Mead, cette nouvelle culture devrait laisser une place importante aux valeurs féminines…

Les convergences entre la pensée grecque et la pensée indienne.

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras le monde et les dieux ». Socrate

Il est difficile d’établir avec certitude le degré des échanges intellectuels entre la Grèce et l’Inde dans l’Antiquité, mais le fait est qu’on retrouve de nombreuses idées indiennes dans la philosophie grecque et notamment dans le platonisme. Ainsi, à l’image du philosophe Pierre Hadot, je soutiens la thèse de la réalité des échanges culturels entre les deux civilisations déjà bien avant les conquêtes d’Alexandre le Grand (4ème siècle avant J-C). Je retiens ici 6 grands points de convergences entre la pensée indienne et la pensée grecque.

  1. 1. La hiérarchie sociale. L’Inde et la Grèce antiques sont des sociétés hiérarchisées reposant sur l’autorité de la tradition. Le système indien des castes qui distingue de haut en bas les brahmanes, les guerriers, les paysans et les intouchables trouve son équivalent en Grèce avec les prêtres, les guerriers, le peuple et les esclaves…
  2. 2. La vision cyclique du Temps. Pour les Grecs comme pour les Indiens, l’Univers n’a pas de commencement étant éternel. Ainsi la Grèce et l’inde se rejoignent aussi dans leur vision cyclique du temps. Le mythe grec de l’Age d’or commenté par Platon a son pendant indien dans le mythe du Kali-Yuga. Dans les deux versions, il est question de l’alternance entre des ères de lumière et des ères de ténèbres. D’après certains hindous, le monde serait plongé aujourd’hui au cœur de l’âge de la destruction, le Kali-Tuga…
  3. 3. La  doctrine de la réincarnation. On retrouve chez de nombreux philosophes grecs comme Pythagore et Platon la croyance en la réincarnation qui est au cœur de l’hindouisme. Cependant la doctrine pythagoricienne de la transmigration des âmes comporte un caractère moral moins marqué que la doctrine indienne de la métempsychose, liée à la terrible roue du Karma. Du point de vue grec, la réincarnation serait plutôt une chance pour rétablir la justice et éviter l’errance fantomatique de l’au-delà païen, tandis que du point de vue hindou, elle est une malédiction retardant l’accès au Nirvana.
  4. 4. La connaissance de soi. En Grèce comme en Inde, la vie spirituelle est généralement  valorisée au détriment de la vie matérielle. L’idéal grec de la contemplation trouve son pendant dans l’idéal indien de la méditation. Dans les deux cas, il s’agit d’accéder à la connaissance intérieure de notre véritable identité divine par delà le conditionnement de l’illusion matérialiste. La contemplation et la méditation sont deux voies permettant l’accès à la véritable connaissance de soi.
  5. 5. Le mysticisme. Il est troublant de constater que la culture indienne comme la culture grecque  a évolué d’un polythéisme sensualiste vers un hénothéisme mystique. Patanjali (2ème siècle), l’auteur indien de la célèbre Yoga Sutra et Plotin (4ème siècle), le philosophe  gréco-romain qui a écrit les Ennéades ont fondé deux traditions mystiques très complémentaires, l’une étant  pratique et l’autre  théorique…
  6. 6. Le salut par le Beau. L’Inde et la Grèce ont constitué des civilisations où la beauté a été particulièrement exaltée. Ainsi, dans le platonisme comme dans le tantrisme, c’est une voie de salut par la beauté qui est proposée. Pour Platon, la vue de la beauté réveille chez le philosophe le souvenir du monde idéal avant la chute et stimule son désir de perfectionnement. Dans le tantrisme sexuel, c’est la beauté inouïe de la prêtresse initiatique qui fait accéder son disciple au Divin, leur étreinte incarnant le couple Shiva/Shakti…

« En réalité, nous avons tout à l’intérieur de nous-mêmes. » Swâmi Prajnâpad

La pensée chinoise : le confucianisme et le taoïsme.

« Qui sait se satisfaire sera éternellement satisfait » Lao Tseu

La Chine actuelle fait surtout parler d’elle pour son dynamisme économique dans un monde en crise. Cependant,  avant d’être un géant économique et géopolitique, la Chine est une prodigieuse civilisation à l’origine d’une culture universelle. Je me cantonnerai ici à évoquer la pensée chinoise avec ses deux pôles complémentaires : le confucianisme et le taoïsme. Chacune de ces deux philosophies incarne un des deux aspects du Tao, Confucius ayant plus insisté sur le Yang et Lao Tseu sur le Yin.  L’engouement actuel en Chine pour les doctrines néo-confucéennes et les pratiques taoïstes semblent montrer que la Chine est restée elle-même au fil des siècles malgré les révolutions communiste et capitaliste…

Le confucianisme. Confucius, version latinisée de Kong Fuzi signifiant maître Kong, est l’une des figures les plus marquantes de la civilisation chinoise. Confucius est né en 551 avant notre ère à Qufu dans le Nord de la Chine. Le décès de son père en – 448 l’a mis très tôt en rapport avec le tragique de l’existence. En – 532, il s’est marié selon l’usage chinois du mariage arrangé, ce qui peut expliquer son peu de sentiment pour son épouse. Il reportera ainsi toute son affection sur son fils unique Li né l’année de son mariage. En – 528 il est très affecté par la mort de sa mère, ce qui le pousse à une vie de philosophe errant. En - 518, il aurait rencontré son « rival » Lao Tseu avec qui le « courant ne serait pas passé ». En -517 il fait ses premières compositions musicales et commence son enseignement philosophique et moral. Confucius s’est éteint en 479 avant notre ère dans une grande solitude !

Confucius à cherché à restaurer l’ordre social et la paix dans une société chinoise en décomposition, divisée en royaumes indépendants se livrant à d’incessantes guerres. Il donne alors naissance à une école de pensée politique et morale qu’on appelle le confucianisme. Confucius devient ainsi le premier éducateur de la Chine, sans pourtant prétendre apporter de nouveauté mais simplement remettre en place les règles déjà existantes. En effet, cette doctrine philosophique de la vie en société est plutôt conservatrice, basée sur le respect des traditions, la hiérarchie sociale et la légitimité du pouvoir. Pour aller à l’essentiel, la pensée confucéenne peut se résumer à six principes avec les chiffres un, deux, trois quatre, cinq et six.

L’unité. Confucius est fidèle à la cosmologie chinoise traditionnelle qui repose sur le Tao.

La dualité. Au sein du Tao, il privilégie plus la polarité verticale entre le Li et le Ren que la polarité  du Yin-Yang, le Li étant le principe directeur et le Ren  la vertu humaine.

La trinité. Confucius distingue trois principes en harmonie : le Ciel, la Terre et l’Homme.

Les quatre vertus cardinales : la bienveillance, la droiture, la tempérance et la connaissance.

Les cinq relations : le respect pour l’empereur, le respect pour les parents, le respect pour les aînés, le respect entre époux et le respect de l’amitié.

Les six enseignements : l’étude des classiques, la théorie des nombres, la calligraphie, la musique, le tir à l’arc et la conduite de char.

Le taoïsme. Le taoïsme est une philosophie de vie basée sur le Tao Tö King (la voie de la vertu) un énigmatique ouvrage attribué à Lao Tseu, un contemporain de Confucius. Le taoïsme prend le contre-pied du confucianisme en insistant surtout sur l’importance de la Nature et en proposant des pratiques rituelles et techniques pour accéder à la santé et à la longévité. La philosophie taoïste se concentre surtout sur la polarité horizontale entre le Yin et le Yang. Le Yin c’est le vide, l’obscur, le froid, l’humide et le féminin en complémentarité avec le Yang qui est le plein, le clair, le chaud, le sec et le masculin. Les taoïstes reprochent aux confucéens de dévaloriser le principe Yin d’où le caractère très dur de la Chine traditionnelle pour la condition féminine. Le taoïsme va aussi favoriser toutes sortes de pratiques « thérapeutiques » comme l’alchimie intérieure, les arts martiaux, la diététique, l’acupuncture ou le feng shui, autant d’approches à la mode aujourd’hui…

Bouddhisme et psychologie.

« Le Zen est l’art de vivre pleinement dans le présent ». Robert Linssen

Le bouddhisme est en vogue en Occident aujourd’hui. Ce succès s’explique par une multitude de raisons, mais deux d’entre elles sont essentielles : le besoin de combler le vide spirituel laissé par le déclin du christianisme et la quête d’une voie thérapeutique pour soulager les maux engendrés par une société malade. C’est surtout cette dimension thérapeutique du bouddhisme qui m’a conduit à le comparer à la psychologie, une science humaine bien occidentale…

  1. 1. Les origines du bouddhisme. Le bouddhisme est apparu au 5ème siècle avant notre ère dans le Nord de l’Inde à travers le prince Siddharta Gautama devenue le Bouddha (l’Eveillé en sanscrit). Fils unique du puissant roi de Kapilavatsu, Siddharta a été élevé dans la religion hindouiste, sa caste noble lui interdisant tout contact avec le peuple. La tradition bouddhique raconte qu’un jour par accident, lors d’une fête hors du Palais, Siddharta a échappé à la vigilance de ses gardes et qu’il a ainsi découvert la misère du monde à travers un mendiant, un vieillard et un lépreux. Ce fut le choc qui décida de sa vocation spirituelle à la quête d’une solution à la souffrance humaine. Parti en exil rejoindre une communauté de fakirs, Siddharta a vécu alors 9 ans d’ascétisme dans la forêt jusqu’au jour où une belle paysanne saisie de compassion lui a donné du riz. Siddharta a compris soudain l’erreur de cette voie extrême, optant pour la voie du juste milieu. C’est sous un arbre, près de Bénarès qu’il connut son Illumination le transformant en Bouddha. Ainsi naquit le bouddhisme…
  1. 2. L’essentiel de la doctrine. Le bouddhisme est à la fois assimilé à une religion et à une philosophie, mais il est aussi une voie thérapeutique qui le rapproche de la psychologie. S’il ne pose pas de Dieu personnel et n’impose pas de dogmes, son enseignement est toutefois très spirituel. S’il ne prône pas de véritable système métaphysique, le bouddhisme n’en est pas moins une philosophie très subtile. La doctrine est concentré dans ce qu’on appelle les Quatre Nobles Vérités : 1) L’existence est souffrance. 2) La cause de la souffrance est l’ignorance (raga, maya). 3) La solution s’appelle le Nirvana. 4) La libération s’opère à travers la méditation et la compassion.
  1. 3. Les convergences avec la nouvelle psychologie. Au 20ème siècle, c’est  sous l’impulsion de la psychanalyse freudienne, que toute une génération de psychologues européens s’est tourné vers le bouddhisme. A l’instar de Siddharta, toute proportion gardée, le jeune Freud a fondé sa vocation à partir de l’expérience traumatisante du spectacle de la souffrance. Cependant, les disciples du maître autrichien n’ont pas compris son refus obstiné de s’inspirer du bouddhisme pour améliorer la psychanalyse, d’où l’éclatement du mouvement psychanalytique.  Le fait est que tous les dissidents importants de Freud ont emprunté au bouddhisme certains éléments pour élaborer leur propre voie thérapeutique. Ainsi, le psychiatre suisse Carl Gustav Jung, fondateur de la psychologie des profondeurs, s’est inspiré de la pratique lamaïste tibétaine des mandalas pour élaborer sa célèbre théorie de l’inconscient collectif, le mandala bouddhique correspondant à l’archétype jungien. Le psychologue allemand Fritz Perls, fondateur de la Gestalt, s’est inspiré des techniques de méditation zen pour élaborer sa cure de purification des émotions. Et le psychologue russe Abraham Maslow, fondateur de la psychologie humaniste, s’est inspiré des états de conscience modifié des moines tibétains pour élaborer une voie thérapeutique intégrant la parapsychologie

La Californie comme synthèse entre l’Orient et l’Occident.

« Hollywood est évidemment la cité du merveilleux où la vie mythique est réelle et la vie réelle mythique. Les champs élyséens sont là : ville de légende, mais qui vit sa légende, navire de rêve, mais ancré dans la vie réelle, Shangri-La californien où coule l’élixir d’immortalité. » Edgar Morin

La Californie est la terre d’élection toute désignée pour les innovations les plus inattendues, car cet Etat est par excellence un carrefour entre l’Occident et l’Orient, entre la Tradition et la Modernité. Avec la fameuse Silicon Valley, la Californie est à la pointe de la révolution informatique, mais en même temps c’est une terre d’anciennes traditions chamaniques indiennes. C’est aussi le lieu où le culte occidental du corps est le plus marqué à l’image de la fureur pour le body building ou le surf, et en même temps la terre d’élection pour les sagesses asiatiques les plus « éthérées ». La Californie a d’ailleurs toujours été une terre d’asile privilégiée pour les peuples asiatiques avec des communautés chinoises, japonaises, coréennes et vietnamiennes très importantes. Mais elle a aussi attiré de nombreux intellectuels européens persécutés par les totalitarismes nazis et staliniens ou brimés par le conformisme bourgeois. Aujourd’hui, la Californie reste le plus bel exemple de synthèse réussie entre l’Orient et l’Occident. Cette synthèse culturelle est particulièrement visible dans le phénomène New Age apparu dans les sixties…

En 1961, le psychologue américain Mac Murphy a fondé l’Institut Esalen (le nom d’une tribu locale indienne) à Big Sur sur la côte centrale de Californie. Par une étrange coïncidence, l’année de la création de cet Institut coïncide avec la mort de Jung, le célèbre psychologue suisse ayant  rêvé de son vivant d’une telle structure ! Ce centre international de psychologie et de développement personnel a attiré de nombreux thérapeutes et penseurs européens ouverts à la spiritualité orientale. On citera parmi tant d’autres, les psychanalystes dissidents de Freud comme le russe Abraham Maslow, le tchèque Stanislav Grof ou l’austro-hongrois Wilhelm Reich, les intellectuels anglais rebelles comme Arnold Toynbee, Allan Watts ou Aldous Huxley et enfin des maîtres spirituels asiatiques comme le japonais Susuki, le thailandais Mantak Chia ou le gourou indien Otto Rajneesh (qui créera ensuite une secte…) En marge de ce mouvement intellectuel dissident, la jeunesse californienne va initier à la fin des années soixante le mouvement de la contre-culture contestant à la fois la guerre du Vietnam et la société de consommation. La célèbre spiritualiste américaine des années vingt Alice Bailey deviendra l’égérie posthume du mouvement New Age prônant une nouvelle spiritualité plus féminine et asiatique pour contrer le machisme du judéo-christianisme. Et le mouvement hippie se réclamera des idéaux écologiques et pacifistes du philosophe américain Thoreau tout en s’inspirant de la non-violence de Gandhi et de la liberté amoureuse prônée par le Kama Sutra. Le mouvement du peace and love a aussi reçu le soutien inconditionnel de pops stars comme Joplin, Santana ou Lennon! Sur le plan intellectuel, c’est incontestablement le livre de l’anthropologue californien Carlos Casaneda, l’herbe au diable, écrit en 1968, qui a servi de ligne directrice à la ligne de conduite hippie. Le pape du néo-chamanisme a su donner un sens spirituel à la consommation de drogue tandis que Karl Löwen et Wilhelm Reich, les fondateurs de la bio-énergie ont su donner une touche néo-taoïste à la libération sexuelle ! John Lennon fera  le lien « érotico-psychédélique » entre la beat generation et le New Age en organisant les célèbres voyages initiatiques à Katmandou et en suivant des séances de régression dans ses vies antérieures avec sa yogini Ida Rolf !

En 1981, Marylin Fergusson a rédigé un ouvrage bilan sur le mouvement New Age intitulé La conspiration du Verseau. Depuis, le mouvement s’est beaucoup dispersé, mais il conserve une belle courroie de transmission au sein de la jet set hollywoodienne à l’image de nombreuses stars converties à des philosophie orientales ! (Keanu Reeves, Scarlett Johansson)

La Corée ou le pays du matin calme.

La Corée demeure aujourd’hui encore une belle inconnue pour les Occident. Ce cours est basé sur mes nombreuses visites faites dans ce pays grâce à mon épouse coréenne. Ainsi,  en plus de cette présentation géographique, historique et actuelle de la Corée je serai amené à y ajouter de nombreuses anecdotes personnelles…

Géographie. Située à l’extrême est du continent asiatique, la péninsule coréenne s’étire sur plus de 1000 km de longueur pour une largeur moyenne de 200km environ. Le climat y est tempéré avec 4 saisons marquées dont un hiver quasi sibérien et un été quasi tropical. Ce pays composé de 70% de montagnes est divisé en deux Etats ennemis, la Corée du sud démocratique (99500km2, 48 millions d’habitants) et la Corée du Nord communiste (plus de 100000km2, 22 millions d’habitants)

Histoire. La Corée est un très vieux pays dont les origines mythiques remontent à - 2333, fondé par Tan-Gun, fils du roi du ciel et d’une ourse ! En fait le peuple coréen serait issu d’une migration de populations ouralo-altaïques vers – 3000. L’Histoire de la Corée est très tourmentée à l’image des 934 invasions subies. C’est en 668 que la Corée devient un Royaume uni, après que Shilla ait intégré Paekche et Koguryo. Cette période de prospérité centrée sur le bouddhisme prend fin en 918 avec l’avènement du Royaume de Koryo. C’est une ère plus sombre qui commence avec les invasions mongoles et le conflit entre le confucianisme venu de Chine et le bouddhisme. En 1392 débute le Royaume de Choson dominé par la dynastie Ly jusqu’en 1905 ! En 1394 Séoul devient la capitale, en 1398 le confucianisme devient religion d’Etat. En 1443 le roi Sejong invente l’alphabet coréen hangul. En 1592, c’est la première invasion japonaise débutant une longue série ! En 1627 Hamel, un amiral hollandais devient le premier occidental à fouler le sol coréen suite à un naufrage. En 1886, la Corée signe un traité commercial avec la France en lui accordant le droit d’évangélisation. En 1895 c’est l’assassinat de la reine Min par le Japon qui annonce sa volonté d’annexer la Corée. Dès 1905, le Japon fait de la Corée un Protectorat avant de l’annexion 5 ans après en 1910. L’Occupation japonaise prend fin en 1945 après la capitulation de Hirohito le 15 août, date de l’indépendance et de la  fête nationale coréenne. Les vainqueurs de la Guerre 39-45, les Américains et les Soviétiques imposent à la Corée une partition injuste entre le Nord communiste et le Sud capitaliste en mai 1946. Désormais c’est une frontière hermétique qui sépare le régime stalinien de Kim Il Song du régime autoritaire de Syngman Rhee au niveau du 38ème parallèle. En 1950, le Nord envahit le Sud avec l’aide de la Chine maoïste. Grâce à l’intervention des Nations-Unis et les forces armées de 16 pays l’invasion communiste est repoussée et la frontière est rétablie sans que les eux Corées ne signe la paix ! Les Jeux Olympiques de Séoul en 1988 apportent l’espoir d’une rapide réunification mais après la mort de Kim Il Song en 1994 et la prise de pouvoir de son fils fantasque Kim Jong, la tension remonte d’un cran.

Actualité. Depuis 2010 la menace nucléaire brandie par Kim Jong Il comme chantage pour obtenir de l’aide internationale empoisonne les relations entre les deux Corées. La maladie du dictateur mégalomane laisse planer un suspense géopolitique sur l’avenir de la Corée du Nord. Il est évident qu’avec la crise économique actuelle, une réunification rapide de la Corée relève de l’utopie. Selon moi, on s’achemine plutôt vers un futur pouvoir militaire de transition devant permettre à la Corée du nord de se remettre à niveau sur le plan économique avec l’aide intéressée du puissant allié chinois…

Le Japon entre tradition et postmodernité.

Le Japon est incontestablement le pays asiatique qui entretient les relations les plus dynamiques avec l’Occident, la fascination étant d’ailleurs mutuelle. Une des raisons de cette fascination exercée par le Japon sur l’Occident est certainement la capacité surprenante de ce pays à intégrer ses traditions ancestrales avec les innovations souvent audacieuses de la postmodernité. L’Empire des signes pour reprendre le beau titre du livre de Roland Barthes consacré au Japon  serait-il le modèle de la société de la fin de l’histoire évoqué par le philosophe néo-hégélien nippo-américain Francis Fukuyama ?

Géographie. Le Japon est un archipel de 4 grandes îles ( Hokaïddo, Honshu, Kyushu, Shikoku)  avec une myriade de micro-îles dans le Pacifique au large de la côte est de l’Asie. C’est un pays très peuplé avec 127 millions d’habitants pour une superficie des ¾ de la France. La sismicité extrême du japon en fait un pays en perpétuel sursis, ce qui ne l’empêche pas de rester une des plus grandes puissances mondiales malgré la récente catastrophe « sismo-nucléaire »…

Histoire. Le Japon est un peuple ancien avec divers mythes fondateurs. On se contentera ici d’évoquer les deux mythes les plus célèbres. Le premier fait remonter l’origine du Japon à l’empereur Jinmur au 7ème siècle avant J-C. Le second plus poétique voit dans la déesse du soleil Amaterasu la fondatrice du Japon. Sa « Passion » quasi christique est relatée dans le Koji-Ki, le livre sacré de la religion Shinto. Ayant été violée par son propre frère le dieu Anu, Amaterasu s’est isolée dans une grotte tant elle avait honte de sa souillure sexuelle qui lui avait été infligée. Du coup, le soleil a cessé de briller mettant ainsi le monde en danger. Grâce au subterfuge d’un dieu avisé qui connaissait le goût de la déesse pour la musique et la danse, l’organisation d’une grande fête a fait sortir Amaterasu de sa caverne pour illuminer à nouveau l’humanité de ses rayons d’amour ! Le drapeau du Japon avec le célèbre soleil rouge est directement inspiré du mythe d’Amaterasu. La réalité du Japon historique est nettement moins poétique. Le Japon s’est développé comme un peuple de tradition militaire à travers des guerres intestines incessantes entre les partisans de l’empereur et les seigneurs de guerre, les Shoguns avec leurs Samouraïs. Heureusement qu’il y avait les Geishas pour apporter un peu de grâce et de douceur dans ce monde de brutes. La Geisha est conçue originellement comme une prêtresse d’Amaterasu dont la vocation est de sauver le monde à travers sa beauté extérieure et intérieure. L’arrivée du bouddhisme zen au Japon vers le 7ème siècle va également atténuer la violence ambiante et permettre la création de  trésors culturels. C’est seulement au 16ème siècle que l’Occident met le pied au Japon à travers des missionnaires et des marchands portugais plutôt bien reçus. Cependant la relation du Japon  avec l’Espagne plus tard va se détériorer d’où un décret d’interdiction du christianisme en 1635. Pendant une longue période le Japon se referme sur lui-même dans un système féodal assez archaïque. Le japon est contraint à s’ouvrir à nouveau à l’Occident par la force en 1854 à travers la convention de Kanagawa imposée par le diplomate américain Matt Perry en échange d’une aide militaire apportée à l’armée impériale. Le Japon retrouve son entière souveraineté à travers la restauration Meiji en 1868. Le jeune empereur a alors l’intelligence de doter le Japon de nombreuses institutions occidentales ce qui lui permet de devenir rapidement la nation la plus puissante d’Asie. En 1895 le Japon mène une guerre victorieuse contre la Chine puis en 1905 il inflige une défaite humiliante à la Russie tsariste. Le Japon est désormais une grande puissance militaire qui ne résiste pas à la tentation hégémonique comme l’illustre l’annexion de la Corée et de la Mandchourie en 1910. En 1941 l’empereur Hiro Hito défie l’Amérique en bombardant Pearl Harbor. Après l’horreur des bombes de Hiroshima et Nagazaki le 6 et 8 août 1945 le Japon capitule et passe sous tutelle américaine jusqu’en 1951 et le traité de San Francisco qui lui restitue son entière souveraineté. Vers la fin des années 80 le Japon atteint son apogée économique et culturel…

L’Asie du sud-est, synthèse des « trois Orients ».

L’Asie du sud-est avait déjà été considérée par les colonisateurs français comme un mélange de culture indienne et chinoise d’où le terme d’Indochine pleinement justifié avec le Vietnam, le Laos et le Cambodge. Cependant l’Asie du sud-est a aussi été très tôt dans l’histoire une terre privilégiée de conversion à l’Islam, la Malaisie et l’Indonésie étant deux états à large majorité musulmane. Avec la Thaïlande et la Birmanie majoritairement bouddhistes, les Philippines catholique et Singapour protestante, l’Asie du sud-est est véritablement un lieu de métissage culturel et spirituel…

Géographie. L’Asie du sud-est est caractérisée par un climat chaud et humide de mousson avec d’immenses espaces forestiers et des côtes à la beauté paradisiaque. Avec déjà près d’un milliard d’habitants cette région du monde connaît une vitalité démographique exceptionnelle. Malgré tant d’atouts cette région du monde tarde à retrouver sa prospérité du passé en raison d’une grande instabilité politique, la Malaisie étant l’exception porteuse d’espoir…

Histoire. L’Asie du sud-est a toujours été « coincée » entre les deux grands géants voisins que sont l’Inde et la Chine et convoitée par les conquérants lointains en mal de « terres vierges ». C’est la civilisation khmère à l’origine du site prodigieux d’Angkor Vat qui constitue la première culture dominante de la région avant les influences indiennes puis chinoises. L’âge d’or de cette région du monde remonte certainement  à la grandeur du royaume de Siam. Au 17ème siècle, le roi du Siam a entrepris le voyage lointain jusqu’à Brest en France afin d’établir des relations diplomatiques avec Louis XIV afin de se prémunir de la menace chinoise. Sur un plan moins pacifique, c’est vers la moitié du 19ème siècle que Napoléon III s’est emparé des territoires les plus orientaux d’un royaume détruit par la guerre sino-anglaise, le Laos, le Cambodge et le Vietnam devenant l’Indochine française. Au début, la domination française assurant un bouclier contre la Chine a été relativement bien acceptée. Mais avec le temps ce qui ne devait être qu’un protectorat provisoire s’est transformé en colonie avec toutes les exactions qui en découlent d’où la montée de la révolte. L’effondrement de l’Europe après la guerre 14-18 a été l’occasion du réveil des forces patriotiques, surtout au Vietnam. L’affaiblissement de la puissance coloniale conjugué à l’apparition de l’idéologie communiste a favorisé l’émergence d’un meneur charismatique comme Ho Chi Minh formé à Moscou.  Après une guerre d’usure meurtrière, la France jette l’éponge suite à la défaite humiliante de Dien Bien Phu au printemps 1954. La libération nationale se fera au prix d’une partition du Vietnam entre un Nord communiste et un Sud sous tutelle américaine. Après la défaite américaine face au Vietcong soutenu par les Soviétiques et la chute de Saigon le 30 avril 1975, le Vietnam entrainera le Laos et le Cambodge dans le communisme. Au Cambodge, c’est au nom du marxisme que Pol Pot fera exterminer près de 3 millions de ses concitoyens pour réaliser l’homme nouveau ! Dans les années 80 la France devient une des principales terres d’exils pour les boat people fuyant la dictature communiste dans cette région...

Actualité. Après la chute du mur de Berlin l’Asie du sud-est a commencé doucement à se relever de son passé récent tragique. Le Vietnam et le Laos ont suivi l’exemple chinois en s’ouvrant à l’économie de marché tandis que le Cambodge a établi une véritable démocratie encore fragile. La Thaïlande connaît toujours une instabilité politique mais se développe bien économiquement avec un tourisme florissant (le tourisme sexuel restant très marginal…) La Birmanie demeure une dictature militaire même si des signes d’ouvertures se font sentir. L’Indonésie demeure un pays instable en raison des tensions religieuses et ethniques tandis que la Malaisie constitue la force tranquille de la région….

Le Moyen-Orient entre spiritualité et géopolitique.

Le Moyen-Orient est avec l’Extrême-Orient et l’Asie du Sud l’un des trois « Orients ». Cette région comprend la péninsule arabe (Arabie, Yemen, Emirats…) l’Iran, l’Irak, la Turquie et le Proche-Orient (Syrie, Liban, Jordanie, Palestine, Israël, Egypte). Caractérisée par un climat chaud et sec, cette région du monde est riche en ressources pétrolières d’où sa position stratégique vitale. Les troubles géopolitiques actuels ne doivent cependant pas faire oublier tous les trésors de spiritualité que le Moyen-Orient a offerts à l’Humanité…

Spiritualité. Aucune région du monde ne jouit d’une fécondité comparable au Moyen-Orient. On pense surtout aux trois grands monothéismes avec le judaïsme, le christianisme et l’Islam qui ont pour père commun de la foi le mésopotamien Abraham ainsi qu’une terre sainte commune à Jérusalem. Il semblerait que le désert soit propice à la Révélation, Moïse, Jésus et Mohammed ayant chacun rencontré Dieu dans une zone désertique ! Cependant, il y a aussi des religions moins connues qui sont nées dans cette région du monde comme la religion babylonienne qui inspire beaucoup l’ésotérisme actuel, le zoroastrisme et le manichéisme iraniens que beaucoup d’occidentaux rejoignent sans le savoir ou encore la religion druze au Proche-Orient. Sans son Voyage en orient Gérard de Nerval nous fait découvrir la richesse spirituelle extraordinaire de ce Proche-Orient où cohabite alors de manière harmonieuse des religions aussi diverses que le judaïsme, les deux islams sunnite et chiite, une myriade de christianismes ainsi que la religion druze à laquelle le poète romantique se serait pour un temps converti ! Aujourd’hui la culture cinéma et vidéo est très influencée par la démonologie mésopotamienne à laquelle on doit l’idée de Satan…

Géopolitique. Après la destruction de l’Empire Ottoman par les puissances occidentales en 1918, le Moyen-Orient est entré dans une zone de turbulence géopolitique sans précédent et qui a atteint son paroxysme aujourd’hui. La création de l’Etat d’Israël en 1948, sans préjuger de sa légitimité ou non, a incontestablement été un facteur de déstabilisation pour toute la région. Avec la chute de Grenade en 1492, 1918 et 1948 sont les trois dates les plus noires pour le monde arabo-musulman. Depuis 1948 jusqu’à la fin de la guerre froide en 1990 le conflit israélo-palestinien a été en grande partie instrumentalisé par les superpuissances de l’époque, les Etats-Unis soutenant Israël et l’Union soviétique plutôt les pays arabes. Mais après les attentats du 11 septembre 2001, le conflit est entré dans une phase beaucoup plus « religieuse » à travers la montée de l’islamisme radical. Les guerres d’Afghanistan et d’Irak ont marqué le début d’un nouveau conflit mondial larvé entre l’impérialisme capitaliste et le terrorisme islamiste. On peut néanmoins espérer que l’onde de choc démocratique née du printemps arabe en 2011 en Afrique du Nord puisse se propager au Moyen-Orient où la culture de la liberté semble moins avancée.

Le lien entre spiritualité et géopolitique au Moyen-Orient devient encore plus évident lorsque l’on sait que la rivalité entre le peuple juif et le peuple arabe a son origine dans le conflit familial d’Abraham. Ce dernier aurait eu deux fils de deux femmes différentes, Hagar l’égyptienne et Sarah la mésopotamienneIsmaël serait l’ancêtre du lignage arabe et Isaac celui du lignage juif d’où la rivalité historique des deux peuples « élus » de Dieu…

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