Session III : Relever les défis critiques de notre temps : Paix et stabilité en Asie du Nord-est et sur la péninsule coréenne (14 février)

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      Le monde a considérablement changé depuis la deuxième Guerre mondiale, lorsque le monde géopolitique était dominé par des intérêts « atlantiques ». Nous nous dirigeons de plus en plus vers une ère « Pacifique » avec de nouvelles opportunités, des défis et des menaces. L’un des principaux sujets de préoccupation est l'Asie du Nord-est. Après la deuxième guerre mondiale et la Guerre de Corée, les Etats-Unis, le Japon et la Corée ont été de solides alliés. Cependant, de nouvelles dynamiques sont en jeu dans un monde toujours plus complexe.

      Les panélistes ont exprimé leurs vues sur la région Asie-Pacifique dans le contexte des récentes provocations de la Corée du Nord, notamment un test nucléaire souterrain et le lancement d'un missile à longue portée, ainsi que les activités de la Chine en mer de Chine méridionale et la construction d'îles artificielles.

      Le Dr Alexander Mansourov, professeur d'études coréennes à l'école Paul H. Nitze d'Etudes Internationales Avancées de l’Université John Hopkins des États-Unis, était le modérateur.

      L'ambassadeur Christopher Hill, ancien ambassadeur américain en Corée, a souligné les compétences du panel : « Le savoir collectif de ce groupe devrait être suffisant pour résoudre le problème nord-coréen. Cela reste malgré tout le défi majeur pour la sécurité de cette région. Il y a 10 ans, la Corée du Nord déclarait renoncer à ses armes. Or aujourd'hui, la dénucléarisation ne les intéresse plus, nous disent-ils. C'est un défi. Le pays est entre les mains de dirigeants qu'on peut qualifier de peu fiables et erratiques. »

      L'ambassadeur Hill a expliqué : « Il faut comprendre que la Corée du Nord ne pose pas seulement un problème pour les États-Unis, mais pour nous tous. Ce que la Corée du Nord tente de faire avec des armes nucléaires menace l’ordre mondial. D'un point de vue américain, je ne dirais pas que la question nord-coréenne est secondaire. Elle doit devenir un enjeu majeur, c’est de plus en plus évident. »
      A propos des négociations multilatérales, « On s'est demandé si les pourparlers à six devaient s'élargir à huit, dix, vingt, 80 pays ? Le problème n'est pas le nombre de pays. La vraie question est de savoir comment ces pays peuvent travailler ensemble pour convaincre la Corée du Nord de ne  pas se doter de ces armes dangereuses. Il faut le faire d'une façon où l'on se renforce mutuellement. »

      Evoquant le rôle de la Chine et la façon de soutenir la Corée du Sud, il a ajouté : « Ne pointons pas la Chine du doigt. La Chine doit faire des efforts, c'est clair, mais nous tous aussi. On doit tous s'y mettre. Il est clair que la Corée du Nord fait moins attention à ce que nous pensons. Il faut améliorer notre travail pour attirer leur attention. La Corée du Sud a fait un pas pour se désengager du complexe industriel de Kaesong. Il faut soutenir respectueusement la Corée du Sud dans ce choix. La République de Corée a franchi une étape important. »

      Que doivent faire les États-Unis ? « Il faut comprendre que nous allons prendre des décisions car c'est la bonne chose à faire. Les sanctions ne sont pas faciles et tous n'y sont pas favorables. Mais c'est la seule option. Le troisième élément est une décision des Etats-Unis de déployer un système de défense antimissile en Corée du Sud. Les Etats-Unis doivent travailler avec la Corée du Sud pour sa protection. S'ils veulent notre meilleur système antibalistique, nous devons le leur donner. Il faut être ferme tout en gardant la porte ouverte à la négociation. Il est difficile de négocier avec quelqu'un qui oublie ce qu'il a convenu auparavant. Nous sommes arrivés à une étape importante où il faut comprendre que les armes nucléaires sont un danger pour nous tous. »

      Mme Na Kyung-won, présidente de la commission des affaires étrangères et de l'Unification à l'Assemblée nationale de Corée du Sud, a dit que le moment est venu d'envisager un changement de régime en Corée du Nord. Le problème est que la Corée du Sud n'est pas entièrement sûre du parapluie nucléaire américain, a-t-elle dit. Il est nécessaire que les États-Unis soient plus actifs. Elle a parlé du partenariat grandissant entre la Corée du Sud et la Chine, qui n'est pas seulement économique. En septembre 2015, la présidente sud-coréenne Park Geun-hye a visité la Chine et regardé un défilé militaire à côté du président chinois Xi Jinping et du président russe Vladimir Poutine. Madame Na estime qu'il est temps de parler de changer de paradigme politique et d'évaluer la façon dont la paix sur la péninsule joue sur la paix dans la région.

      M. Joseph DeTrani, ancien envoyé spécial des États-Unis dans les pourparlers à six, a déclaré : « Nous avons négocié avec la Corée du Nord pendant 20 ans. Nous avons vu des derniers mois l'essai nucléaire et le lancement de satellites, deux des violations des règles de l'ONU. Les Etats-Unis sont liés à cette région. La question des missile nucléaires nord-coréens doit être résolue, mais récemment, elle a empiré. »  L'ambassadeur a parlé de sa crainte : « si elle n'est pas résolue, alors il y a un réel potentiel pour une course aux armements. Comment sécuriser ces armes ? C'est tout le problème. » Revenant sur un point abordé par l'Ambassadeur Hill, il a précisé : « Il faut être proactifs. Nos préoccupations concernant la Corée du Nord sont à la fois nucléaires et humanitaires. L'objectif idéal est la réconciliation. »

      L'ambassadeur Tetsuya Endo, ancien ambassadeur du Japon aux pourparlers de normalisation entre le Japon et la Corée du Nord, a parlé de l'essai nucléaire de la Corée du Nord et de la réponse de la communauté internationale. (Voir son discours)

      Dr Heung-soon Park, professeur de relations internationales et d'études des Nations Unies à l'Université Sun Moon de Corée, a parlé de la menace nucléaire de la Corée du Nord et la péninsule coréenne : Défis et options. « Les menaces et les défis posés par la Corée du Nord exigent des réponses plus immédiates et efficaces de la Corée du Sud, des États-Unis, de l'ONU et de la communauté internationale. Une approche plus globale doit être explorée pour la dénucléarisation de la Corée du Nord et des mesures plus stables vers la réunification de la péninsule coréenne. »
      Et de préciser : « L'idée de créer un nouveau bâtiment des Nations unies sur la péninsule coréenne a été suggérée. Le fond de cette idée est que la présence de l'ONU [un cinquième bureau de l'ONU] dans la péninsule coréenne apporterait une contribution symbolique et pratique à la paix et à la stabilité sur la péninsule coréenne et en Asie orientale. »
      « Le rôle de la Chine devient de plus en plus crucial pour la paix et la sécurité sur la péninsule coréenne, a-t-il ajouté. Il est crucial pour la Corée d’engranger la coopération de la Chine pour peser sur la Corée du Nord et sur l'avenir possible de la péninsule coréenne.

      Le dernier orateur, le Dr Vladimir Petrovskiy, professeur d'études extrême-orientales à l'Académie des sciences de Russie, a déclaré que la Russie soutient le dialogue entre les deux Corées ou contribuerait à l'organisation de manifestations culturelles et sportives. « Le problème, est que tant Pyongyang que Séoul perçoivent l'unification du pays comme l'absorption mutuelle de l’un par l’autre. Or la Russie a toujours soutenu la construction de ponts entre Séoul et Pyongyang et favorise les étapes des deux Corées vers une unification indépendante et pacifique.
      « Seule l'interdépendance, basée sur la transparence et la confiance, assurera la préservation et le développement du dialogue inter-coréen. Les mesures de transparence et de confiance ne sont pas une preuve d'absence de conflit et de contradiction, mais de simples outils pour les surmonter. Si le Nord et le Sud acceptent l'épreuve de l'interdépendance future, le problème coréen finira par se régler. Le principal problème à surmonter est le programme nucléaire nord-coréen. » Le Dr Petrovskiy s’est interrogé sur la nécessité et l'efficacité de sanctions internationales contre la Corée du Nord.

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