Prix Sunhak de la Paix - 3 février 2017

Deux personnes qui furent une aubaine pour de nombreux réfugiés dans le monde ont reçu le Prix Sunhak de la Paix : Dr Gino Strada, fondateur de l'organisation Emergency, qui fournit des soins médicaux et chirurgicaux en Afrique et au Moyen-Orient aux victimes civiles de la guerre ; et Dr. Sakena Yacoobi, fondatrice de l'Institut afghan pour l'apprentissage (Afghan Institute for Learning, AIL) qui offre des programmes éducatifs à l'intention des réfugiés en Afghanistan, étaient les lauréats de ce prix décerné pour la deuxième fois.

Dr. Hak Ja Han Moon (left) and Dr. Il Sik Hong (right) with Sunhak Peace Prize laureates Dr. Sakeena Yacoobi and Dr. Gino Strada
Participants of the fourth UPF World Summit attended the 2017 Sunhak Peace Prize award ceremony in the Lotte Hotel World.
Dr. Hak Ja Han Moon first proposed the Sunhak Peace Prize in 2015.
Dr. Il Sik Hong, the chair of the Sunhak Peace Prize selection committee, offers a welcoming message at the ceremony’s start.
Italian surgeon Dr. Gino Strada, founder of the humanitarian aid organization Emergency, was one of the two Sunhak Peace Prize laureates for 2017.
Afghan educator Dr. Sakeena Yacoobi, founder of the Afghan Institute of Learning, one of the two Sunhak Peace Prize laureates for 2017
Former Kiribati President H.E. Anote Tong, a winner of the 2015 Sunhak Peace Prize, congratulates the new awardees.
Korean entertainers Jaerim Choi and Kolleen Park are accompanied by the Little Angels Children’s Folk Ballet of Korea.

Deux personnes qui furent une aubaine pour de nombreux réfugiés dans le monde ont reçu le Prix Sunhak de la Paix : Dr Gino Strada, fondateur de l'organisation Emergency, qui fournit des soins médicaux et chirurgicaux en Afrique et au Moyen-Orient aux victimes civiles de la guerre ; et Dr. Sakena Yacoobi, fondatrice de l'Institut afghan pour l'apprentissage (Afghan Institute for Learning, AIL), qui offre des programmes éducatifs à l'intention des réfugiés en Afghanistan, étaient les lauréats de ce prix décerné pour la deuxième fois.

Plus de 700 dignitaires de 120 nations, y compris des responsables gouvernementaux, des parlementaires, des universitaires, des représentants des médias et de la société civile, assistèrent à l'émouvante cérémonie à l’hôtel Lotte World, à Séoul, le 3 février, lors de la troisième journée du Sommet mondial 2017 coparrainé par la Fédération pour la paix universelle et la Fondation du prix Sunhak de la paix.

Officiellement annoncé le 20 février 2013 par Dr Hak Ja Han Moon, co-fondatrice de la FPU, le prix Sunhak de la paix honore l'héritage de son mari, le regretté révérend S.M. Moon, qui consacra sa vie à la paix dans le monde. Doté d’une valeur d’un million de dollars, il récompense annuellement « ceux qui ont consacré leur vie au service de l'humanité et au noble idéal de la paix ».

Dr. Il Sik Hong, ancien président de l'Université de Corée et président du comité de sélection du prix Sunhak de la paix, basé à Séoul, avait initialement annoncé les deux lauréats le 29 novembre 2016 lors d'un banquet à la conférence internationale de la FPU à Washington. Alors que le premier prix Sunhak de la paix, décerné en 2015, avait été consacré au changement climatique et à la crise alimentaire, le prix Sunhak 2017 s'adressait à la crise des réfugiés.
Dans son allocution de bienvenue, Dr Hong félicita les lauréats 2017, « deux personnes exceptionnelles qui se sont consacrées à la paix au service de l'humanité ». Concernant la crise globale sans précédent des réfugiés, dit-il, il faut aborder et comprendre cette question d’un point de vue plus élevé, à savoir l’histoire des civilisations. Les diasporas, à travers les âges, ont été l’une des plus anciennes stratégies d’adaptation de l’humanité. La migration est une stratégie de survie. Par conséquent, en extrapolant, les migrations joueront un rôle encore plus important dans les efforts visant à établir un monde de paix pour tous.
Les lauréats ont consacré leur vie à fournir des solutions fondamentales à la crise des réfugiés, déclara Dr Hong. Si le monde doit devenir une communauté de paix, nul ne doit être privé du droit à l'aide médicale et à l'éducation. Le monde au 21e siècle doit dépasser l’ordre basé sur la logique de la force, qui engendre la haine, les conflits et la discorde, et se constituer en tant que communauté de paix et de coexistence, de réconciliation et de coopération sur la base de principes universels.
Après la projection de vidéos créées pour l’occasion, décrivant les lauréats et leur travail, Dr Strada et Dr Yacoobi reçurent chacun une plaque et une médaille des mains de Dr Hak Ja Han Moon et de Dr Hong.

Dans son discours d'acceptation, Dr Gino Strada remercia les hôtes pour leurs efforts en faveur de la paix et du dialogue au nom de la famille humaine. « Il y a un besoin impérieux de construire un monde meilleur, dit-il, décrivant les conséquences de la guerre dont il fut témoin au cours des trois dernières décennies dans maints pays déchirés par les conflits. L'organisation qu'il a fondée, Emergency, offre des traitements gratuits de haute qualité. La plupart des gens dans le monde ne sont pas en contact avec la guerre ou n'ont pas l'expérience du manque de soins médicaux. Pour la plupart d'entre nous, cela semble si loin et étranger à notre vie quotidienne. Il est tellement facile d'écouter les nouvelles sans se rendre compte qu'après chaque bombe, chaque obus, il y a des gens qui luttent pour leur survie. Quatre-vingt-dix pour cent des victimes de guerre sont des civils, des gens semblables à nous, déclara-t-il. L'an dernier, plus de 60 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer en quête de protection et de sécurité. Il appela les citoyens du monde à « prendre acte et conquérir la paix ».

En acceptant le prix, Dr Sakena Yacoobi parla de son travail et de la vision qui l'a inspirée. Le but de ce prix, dit-elle, est de rappeler l'idéologie de la paix telle que l’ont enseignée et pratiquée le révérend et Mme Moon : « Nous sommes une même famille en Dieu. »
Elle exprima son indignation face à la situation actuelle des réfugiés. Elle-même connut la vie de réfugié. « Je sais ce que ressentent les réfugiés : Ils ont tout perdu, leurs proches, leur dignité et leur résilience... Personne ne veut partir de chez soi, mais quand la guerre éclate, on est forcé de le faire. Les réfugiés qui ont fui leurs foyers sont contraints de retourner dans leur pays, car le monde ne les accepte pas, dit-elle. Les gens en Afghanistan sont des êtres humains comme tout le monde. Ils ont besoin d'aide. » Dr. Yacoobi prôna des programmes éducatifs qui enseignent « la sagesse, l'amour, la dignité, la responsabilité et la coopération ».

S.E. Anote Tong, l'un des deux premiers lauréats du prix Sunhak de la paix en 2015, félicita Dr Strada et Dr Yacoobi en les remerciant pour leur vie de dévotion au service des réfugiés et des victimes de guerre. L'ancien président (2003-2016) de la République de Kiribati déclara que leurs accomplissements étaient dans l'esprit de la vision des fondateurs de la FPU, qui est de construire une même famille unie en Dieu, et que leurs efforts complétaient l'œuvre de ces derniers en faveur de la paix et du développement.
Il fit part de ses réflexions sur son expérience de lauréat du prix de la paix, qu’il reçut pour ses efforts d'éducation du monde sur les dangers du changement climatique. Il décrivit le changement climatique comme le défi moral le plus important adressé à l'humanité. « Nous luttons contre nous-mêmes, pas contre une autre nation ». Les nations du monde ont l’obligation morale de s'entraider, dit-il, tout en concluant : « La paix commence en nous ; alors, nous pouvons la transmettre. »

La cérémonie de remise des prix fut menée avec grâce et avec pompe. Le divertissement incluait la troupe mondialement renommée du ballet folklorique d'enfants Les Petits Anges, avec les artistes coréens Kolleen Park et Jaerim Choi. La scène était magnifiquement ornée de décors de couleurs vives. Les vidéos de haute qualité sur les lauréats étaient professionnelles et inspirantes.
 
La dernière séance de cette troisième journée du Sommet mondial 2017 fut consacrée aux présentations des deux lauréats. La modératrice Hon. Erna Hennicot-Schoepges, ancienne présidente de la Chambre des députés (1989-2009) du Luxembourg, présenta les lauréats.

Dr. Sakena Yacoobi, directrice de l'Institut afghan pour l'apprentissage (Afghan Institute for Learning, AIL), dit que lorsqu'elle fonda l’AIL en 1995, l'Afghanistan était en guerre depuis 13 ans et plus de la moitié de la population était déplacée. Il y avait eu des millions de morts. Le pays et ses institutions étaient détruites. Les principes de base de l’AIL sont les suivants : impliquer la communauté ; permettre aux communautés de définir leurs propres besoins ; se mettre à l'écoute de la communauté ; offrir une formation et des programmes de haute qualité et adaptés à la culture ; ce qui est promis doit-être délivré ; prendre le temps de cultiver la confiance et de travailler pour la maintenir. Elle raconta des histoires émouvantes sur une école pour enfants réfugiés dans les camps.
Dr. Yacoobi raconta sa propre histoire de réfugiée lorsque l'Union soviétique envahit l'Afghanistan. « Toute ma famille est devenue réfugiée. Je sais ce qu'on ressent dans un endroit où tous vos droits vous sont confisqués. Je sais ce qu'on ressent lorsqu'on perd tout ce qu'on a, y compris sa dignité et la confiance en soi ». Elle lança un appel à une plus grande compréhension. « Il faut nous élever au-dessus de la haine, utiliser nos voix pour le bien ; écarter l'injustice et éliminer la pauvreté. La guerre n'offre une réponse à aucun problème. Il faut travailler ensemble collectivement pour ramener la paix dans ce monde. Pour cela, il faut partager nos connaissances et bâtir un système de soutien qui fournisse des résultats durables. »

Dr Gino Strada, directeur exécutif de l'organisation humanitaire Emergency, basée en Italie, décrivit ses propres expériences. « J'ai passé les trente dernières années de ma vie dans des pays déchirés par la guerre, opérant sur des patients au Rwanda, au Pérou, en Ethiopie, en Somalie, au Cambodge, en Irak, en Afghanistan et au Soudan. Dans ces pays et d'autres encore, Emergency, l'organisation humanitaire que j'ai fondée il y a 23 ans, s’engage à fournir des soins médicaux et chirurgicaux gratuits et de haute qualité aux victimes de la guerre, dont les effets ne se limitent pas aux blessés et aux réfugiés, mais ont de graves répercussions sur l'avenir de générations entières. »
Il parla de « l'hypocrisie de l'approche européenne sur les droits de l'homme ». D'une part, dit-il, on encourage fermement les principes de paix, de démocratie et des droits fondamentaux, tandis que de l'autre, on construit une forteresse de murs et de barrières culturelles, refusant l'accès et l'aide de base à des milliers de personnes fuyant la guerre et la pauvreté. »
Il fit appel à tous les participants pour qu’ils s'engagent et contribuent à ces efforts. « Il appartient aux citoyens du monde de prendre acte et de conquérir la paix. Renoncer à la logique de la guerre et mettre en pratique la fraternité et la solidarité est non seulement souhaitable, mais nécessaire et urgent, si l'on veut que l'expérience humaine se poursuive. »

 

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