Réalisations du lauréat 1. Gino Strada

L’Albert Schweitzer du 21e siècle

qui a protégé les réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique

Gino Strada

Gino Strada est un chirurgien humanitaire italien qui se consacre à diffuser l’aide médicale d’urgence dans au moins 16 pays du Moyen-Orient et d’Afrique au cours depuis 25 ans. Il a aidé à sauver des vies grâce à l’aide médicale d’urgence gratuite pour 7 millions de réfugiés. Son grand amour de l’humanité dépasse les frontières nationales. En pointe dans les campagnes anti-guerres, il veut protéger et honorer les droits de l’homme, et contribue ainsi à la paix mondiale.

Gino Strada

Né le 21 avril 1948 à Milan, Italie

1978 Troisième cycle, spécialiste en chirurgie d’urgence, Université de Milan

2004 doctorat honorifique en ingénierie, Université Basilicate

2006 Docteur ès lettres, Colorado College of Colorado Springs

Parcours professionnel

• 1978-1984 Chirurgien, Institut de chirurgie d’urgence, Université de Milan (Italie)

• 1981 Chirurgien visiteur, Hôpital Groote Schuur, le Cap, Afrique du Sud.

• 1981 Chirurgien visiteur, Harefield Hospital, Harefield, Royaume-Uni

• 1981-1982 Chirurgien visiteur, Université de Pittsburgh, Pennsylavnie, Etats-Unis

• 1983-1984 Chirurgien visiteur, Université de Stanford, Californie, États-Unis

• 1985-1986 Chirurgien, Département de chirurgie cardio-vasculaire, Hôpital de Bergame (Italie)

• 1987-1988 Chirurgien, Service des urgences, Hôpital Rho, Italie

• 1989 Chirurgien, Hôpital du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Quetta, Pakistan

• 1990 Chirurgien, Hôpital du CICR de Dessie, Éthiopie

• 1990 Chirurgien, Hôpital du CICR de Khao-I-Dang, Thaïlande

• 1991 Chirurgien, Hôpital du CICR de Kaboul, Afghanistan

• 1991 Chirurgien en chef, Hôpital de Ayacucho, Ayacucho, Pérou

• 1992 Chirurgien, Hôpital du CICR de Kaboul, Afghanistan

• 1993 Chirurgien en chef, Hôpital Balbala, Djibouti

• 1993 Chirurgien en chef, Hôpital de Berbera, en Somalie

• 1994 Chirurgien, Hôpital de Koshevo, Bosnie-Herzégovine

• 1994 - 2007 Chirurgien en chef, hôpitaux d’urgences : Kigali, Rwanda / Souleimania et Erbil, Irak / Battambang, Cambodge / Anabah et Kaboul, Afghanistan / Asmara, Erythrée

• 2007-2014 chirurgien cardiaque, Centre Salam de chirurgie cardiaque (Khartoum, Soudan)

• Fondateur et directeur exécutif depuis 1994 de l’ONG Emergency

Grands prix

• 2003 : Prix ​​Feltrinelli Antonio (Fondation de l’Académie Nationale des Lyncées)

• 2015 : Prix Nobel Alternatif (Fondation du Prix Right Livelihood Award)

• 2016 : Plaquette ESTES (Société Européenne de chirurgie d’urgence traumatique)

Divers

• 1996 : écrit Buskashi, A Journey Inside War

En vedette dans le documentaire Jung in the land of the Mujaheedin

En vedette dans le documentaire de PBS "Afghanistan 1380"

• 1999 : Publie Green Parrots: A War Surgeon’s Diary, prix Viareggio Versilia

• 2011 : Publié Emergency (urgence)

• 2013 : Un court métrage appelé Open Heart (cœur ouvert) a été fait sur le travail du Dr Strada avec le Centre Salam de chirurgie cardiaque au Soudan, et a été nominé pour l’oscar du meilleur court métrage documentaire.

Principales réalisations

1. Diffuser l’aide d’urgence sur les zones de conflits en Afrique et au Moyen-Orient

Gino Strada (68 ans) est un chirurgien italien qui, depuis 25 ans, offre une aide humanitaire aux réfugiés menacés dans les zones de conflit en Afrique et au Moyen-Orient.

Il a commencé sa carrière comme médecin de guerre dans le cadre du Comité international de la Croix-Rouge (IRCR) en 1989. En 1994, il a fondé l’organisation médicale d’urgence internationale Emergency, qui apporte des soins gratuits de haute qualité aux victimes de guerre et aux pauvres. En 2016, Emergency compte plus de 60 hôpitaux, centres chirurgicaux, centres de réadaptation, cliniques pédiatriques, cliniques de premiers soins, centres de santé, centres de maternité et cliniques cardiaques dans 16 pays dans les zones les plus dangereuses et les plus vulnérables du monde de l’Afghanistan au Soudan et a sauvé plus de 7 millions de vies.

En 2007, le Centre Salam de chirurgie cardiaque est devenu la première installation au Soudan du Sud, donnant une chirurgie cardiaque gratuite de haute qualité aux patients de 24 pays africains, effectuant plus de 42 000 examens cardiaques et plus de 5 000 interventions chirurgicales. Le centre a une réputation mondiale pour ses travaux. Depuis 2009, il dirige le seul hôpital pédiatrique gratuit de la République centrafricaine. En 2014, quand le virus Ebola s’est propagé en Afrique de l’Ouest, à la demande du gouvernement de la Sierra Leone, il a supervisé ce qui était alors le seul centre de traitement Ebola en Afrique (100 lits). Depuis juillet 2014, il exerce la médecine au Moyen-Orient pour résoudre la crise des réfugiés syriens. Récemment, son organisation a fait fonctionner 11 établissements médicaux en Italie pour soutenir rapidement les réfugiés émigrant vers l’Europe.

Emergency travaille actuellement en étroite collaboration avec l’ONU pour répondre efficacement aux tragédies qui se produisent partout dans le monde. En 2006, le Dr Strada est devenu un partenaire officiel de l’Office de l’information des Nations Unies. Il est conseiller spécial auprès du Conseil économique et social (ECOSOC) de l’ONU depuis 2015, contribuant de façon remarquable à la paix mondiale.

2. En pointe pour protéger la dignité des droits de l’homme en garantissant le « droit d’être guéri »

Gino Strada a promu activement la valeur de la paix, la solidarité et les droits de l’homme. Soucieux de donner le meilleur traitement sans discrimination pour les pauvres, il défend « le droit d’être guéri » comme un droit fondamental et inaliénable de tous les peuples.

En Afrique, où la prise de conscience l’accès aux soins de santé reste faible, il s’efforce de diffusion l’idée que les soins médicaux soutiennent le droit humain fondamental de vivre comme un être humain, et que l’État doit faire quelque chose. Ses efforts ont amené les gouvernements de 12 pays d’Afrique (République centrafricaine, Tchad, République démocratique du Congo, Djibouti, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Rwanda, Sierra Leone, Somalie, Soudan et Ouganda) à signer le « Manifeste d’Emergency pour une médecine basée sur les droits de l’homme » (une déclaration médicale des droits de l’homme) qui reconnaît le « droit des personnes de recevoir un traitement médical » et s’efforcera de fournir des services de santé gratuits.

En 2010, 11 pays ont établi le Réseau africain d’excellence médicale (ANME). Il s’agit de construire les meilleurs centres médicaux pour renforcer le système médical du continent africain. En 2007, le Dr Strada a établi l’un des principaux centres de chirurgie cardiaque mondiaux au Soudan du Sud. Il est en train de construire onze centres qui se spécialisent dans la pédiatrie, l’obstétrique et les soins du cancer.

Le personnel médical d’urgence fournit des soins médicaux gratuits à tous sans discrimination, avec trois principes : « égalité », « soins médicaux de haute qualité » et « responsabilité sociale ». Il guide des études et des formations médicales approfondies pour remettre des installations médicales aux autorités sanitaires locales chaque fois que les médecins locaux savent réaliser avec succès leurs procédures médicales.

3. Servir la culture de la paix avec des campagnes « anti-guerre » et d’« interdiction de produire des mines antipersonnel »

Gino Strada milite dans des mouvements anti-guerre avec un postulat moral et politique solide : le village global doit totalement bannir la guerre, ce facteur de coercition et de violence qui n’a aucune justification rationnelle, et dont la brutalité bafoue la dignité humaine.

Témoin pendant des décennies de la misère humaine causée par les mines dans les zones de conflit, Gino Strada a fait campagne en 1997 avec enthousiasme pour interdire la production de mines en Italie à usage militaire. En outre, il a vigoureusement combatttu l’intervention de l’Italie dans la guerre en Afghanistan en 2001 et en Irak en 2003. En 2002, avec le slogan « Arrêtons la guerre, signons la paix » Emergency a mobilisé un demi-million de personnes dans une campagne pour protester contre la guerre. Se fondant sur le principe du refus d’entrer en guerre, qui figure dans la Charte des Nations Unies et la Constitution italienne, il a recueilli 137 319 signatures, et a lancé un appel au Parlement italien le 17 Juin 2003.

Devant l’intensification des conflits en Afghanistan puis en Irak, Emergency a commencé en 2003 une campagne de collecte de signatures pour le mouvement anti-guerre exigeant que « les groupes gouvernementaux doivent cesser le feu avant que la haine et la violence deviennent le seul langage de l’humanité. » Il a été signé par des personnalités de renommée mondiale, notamment le Professeur Noam Chomsky, Ignacio Ramonet, directeur du Monde diplomatique, Oscar Luigi Scalfaro ancien président de l’Italie (1992-1999), Rigoberta Menchú, prix Nobel de la Paix 1992, Rita Levi Montalcini, prix Nobel de médecine 1986, Dario Fo, prix Nobel de littérature 1997 et Jack Steinberger, prix Nobel de physique 1998. Quand le ministère italien des Affaires étrangères, après être intervenu dans la guerre, a proposé son soutien aux activités d’Emergency en Afghanistan, le Dr Strada l’a refusé en disant qu’ils n’en avaient pas la légitimité morale.

Le Dr Gino Strada lance un appel au monde entier : afin de garantir un avenir pacifique pour l’humanité, la guerre, qui nie les droits de l’homme nécessaires à la survie, doit disparaître, et la meilleure chose que la génération actuelle peut faire pour les générations futures est de travailler ensemble à créer un monde sans guerre ».


Réalisations du lauréat 2. Sakena Yacoobi

a Proposé une solution fondamentale à la crise des réfugiés

Mère de l’éducation des réfugiés

Sakena Yacoobi

Sakena Yacoobi, témoin de la vie de souffrance des réfugiés afghans qui ont été marqués par des décennies de guerre, est convaincue que l’éducation est la clé de l’espoir pour les générations futures. En 1995 était créé Afghan Institute of Learning (AIL, Institut Afghan d’apprentissage), pour donner un environnement éducatif systématique, une éducation et une formation professionnelle à 13 millions de réfugiés, et en particulier contribuer à l’amélioration des droits de l’homme et au statut social des femmes musulmanes. Au risque de mettre sa vie en danger sous le régime taliban, le Dr Yacoobi a formé plus de 3 000 filles dans plus de 80 écoles souterraines « secrètes ». Là où la première génération de réfugiés afghans a vu ses efforts novateurs balayés par le désespoir et la pauvreté, les réfugiés de deuxième et troisième génération sont devenus des leaders pour reconstruire leur communauté.

Sakena Yacoobi

Née le 17 mars 1950 à Herat, en Afghanistan

1977 licence de biologie, Université du Pacifique (Californie, USA)

1981 Maîtrise en santé publique, Université de Loma Linda (Californie, USA)

2008 Doctorat honorifique en service humanitaire, Université de Loma Linda

2010 Doctorat honorifique en éducation de l’Université de Santa Clara

2013 doctorat honorifique en droit, Université de Princeton

2014 Docteur honoris causa es lettres, Université Saint-Joseph

Parcours professionnel

• 1982-2016 Fonde Creating Hope International (CHI) dans le Michigan, Etats-Unis

Grands prix

  • ​​des droits de la femme (Fondation Peter Gruber)
  • ​​démocratie (National Endowment for Democracy)

Principales caractéristiques de AIL

Principales réalisations

1. a consacré sa vie à « l’éducation des réfugiés » afghans

Mère de l’éducation en Afghanistan, Sakena Yacoobi s’est dévouée en pionnière de l’éducation des réfugiés pendant 21 ans, certaine que l’éducation est la clé de la reconstruction sociale, même en période de guerre et d’occupation.

Le Dr Yacoobi a commencé à former des enseignants dans les camps de réfugiés afghans où ils avaient lutté pour leur survie après des décennies de guerre et l’effondrement complet du système d’éducation et de santé, et a commencé à créer des écoles pour les garçons et les filles. En 1995, l’Institut afghan pour l’apprentissage (AIL) a été créé pour l’éducation systématique des réfugiés, l’éducation et la formation professionnelle à 13 millions de femmes et d’enfants. Alors que le régime taliban interdisait les écoles de filles, elles ont fonctionné avec succès et 3 000 fillettes y ont étudié sans incident.

Actuellement, AIL fournit des programmes de la maternelle à l’enseignement universitaire, et 44 centres d’éducation fournissent l’alphabétisation de base et divers cours de formation professionnelle, ouvrant des opportunités aux réfugiés pour générer des revenus. Au final, il apporte une éducation en matière de leadership, de démocratie, de confiance en soi, de renforcement des capacités, cherchant à encourager les réfugiés pour devenir des citoyens indépendants capables d’une pensée critique.

Les réfugiés formés à l’AIL ont donc amélioré la confiance en eux, la puissance économique, la capacité de résoudre des problèmes, et ont été en pointe dans le processus pour réussir la reconstruction communautaire. Les réfugiés afghans, qui sont déplacés depuis plus de 30 ans, prennent à présent conscience que l’éducation ouvre un avenir meilleur. Elle est un facteur clé pour reconstruire le pays, et les jeunes instruits auront un rôle de premier plan dans l’avenir de l’Afghanistan.

2. Présentation d’une solution globale au problème de la réinstallation des réfugiés

Le Dr Yacoobi offre une réponse innovante au problème de la réinstallation et une approche holistique de la reconstruction des communautés détruites par la guerre. Son approche entend traiter globalement et à long terme le problème de la société dans son ensemble, pour surmonter les contraintes éducatives, économiques, socio-culturelles et institutionnelles des camps de réfugiés. Cela contribue à améliorer la qualité globale de la vie et le développement communautaire pour les réfugiés afghans.

Creating Hope International, organisation fondée par le Dr Yacoobi, met en œuvre une approche holistique en gérant 4 écoles privées, des hôpitaux et des stations de radio dans le secteur privé. Depuis 1996, elle a fourni une éducation sanitaire à plus de 2 millions de femmes et d’enfants, ce qui a réduit de manière significative la mortalité infantile et la mortalité maternelle pendant la grossesse et l’accouchement. Elle continue aussi d’offrir des ateliers « d’amour et de pardon » pour sortir les réfugiés d’un carcan de privation sociale et de colère, et en faire des leaders positifs qui peuvent innover dans leurs communautés locales. Grâce à la radio, elle atteint plus d’un million de personnes par jour, abordant les tendances sociales, la santé, les modèles de réussite familiale, les droits de l’homme, la littérature, la musique, soutenant l’aspiration des réfugiés à une vie paisible et valorisante.

L’ensemble du processus communautaire de reconstruction s’est fait en coopération avec la communauté elle-même, la communauté y gagne un sentiment d’appropriation du projet. En optant pour la concertation et des projets utiles à la communauté, plutôt que pour l’aide unilatérale, elle a révolutionné la dynamique de la réinstallation des réfugiés, offrant une situation gagnant-gagnant pour la communauté locale et les organismes gouvernementaux.

3. Contribuer à l’amélioration des droits de l’homme et au statut des femmes musulmanes

Sakena Yacoobi s’est engagée à éduquer les femmes musulmanes, convaincue que « éduquer les filles, c’est éduquer les générations futures. » Du fait de certains éléments de la culture islamique opposés à l’éducation des femmes, et du fait de conflits prolongés, l’Afghanistan a enregistré le taux d’alphabétisation le plus bas du monde, avec seulement 12,6% des femmes de plus de 15 ans capable de lire et écrire. Pour pallier à cette situation préoccupante, le Dr Yacoobi a été extrêmement persuasive, et a changé les préjugés sur l’éducation des femmes. En conséquence, beaucoup de femmes et d’enfants en Afghanistan et au Pakistan sont désormais instruits, et au cours des dernières années, le Dr Yacoobi a même créé une université pour les femmes. Elle a fourni des services de planification familiale et des conseils de contraception afin de libérer les femmes de l’accouchement non désiré. Elle dirige également un centre de conseils juridiques pour les femmes en Afghanistan et fournit des services de conseils juridiques pour les femmes sur des questions telles que la violence familiale, la garde des enfants, le droit à l’héritage, et le mariage sans consentement.

Les femmes qui étaient recluses dans leurs maisons sont à présent en mesure de se rassembler et de recevoir une l’éducation par le biais des centres de réseaux de femmes. Les femmes peuvent prendre part à des cours, apprendre à lire et à écrire, participer à des activités génératrices de revenus, participer à la société, qui a grandement amélioré leur accès aux droits humains et à une meilleure qualité de vie.

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