Le 46ᵉ partage scriptural du forum Dialogue & Alliance, qui s’est tenue le 15 juin 2025 sur le thème « Bien dire la paix pour bien le faire », a réuni diverses communautés religieuses et culturelles autour d’une réflexion interreligieuse sur la paix. La rencontre, animée par Mélanie, bénévole de l’ONG HWPL, s’inscrit dans une démarche visant à promouvoir la culture de paix par le dialogue interreligieux, l’éducation et le droit international. Le thème de l’année 2025, « Tisser la paix au quotidien », a été rappelé en ouverture.
La modératrice a introduit la rencontre en rappelant que la paix n’est pas une simple absence de guerre, mais une construction progressive qui exige engagement, dialogue et action. Elle a évoqué l’exemple d’Henri Dunant, fondateur de la Croix-Rouge, pour illustrer que la paix découle de la volonté et de l’engagement, plus que de l’intelligence ou du statut social. La question centrale posée aux intervenants fut : « Quels enseignements spécifiques de vos écritures inspirent ou maintiennent la paix dans un monde en conflit ? ».
Le premier intervenant, le Bouddhiste Vénérable Michel Thao-Chan, président-fondateur du Cercle de Réflexion des Nations, a insisté sur la différence entre compréhension et réalisation de la paix. Selon lui, il ne suffit pas de parler de paix : il faut la vivre au quotidien, dans la conscience de soi et dans les gestes simples. À l’occasion de la fête du Vesak, il a rappelé les rituels de purification et de plantation d’un arbre comme symboles de l’éveil et de l’ancrage de la paix.
Le pasteur Alex Samou de l’Eglise de la Réformation a ensuite pris la parole pour exposer des exemples bibliques, notamment Joseph et Jésus, qui illustrent le pouvoir du pardon. Pour lui, l’amour et le pardon sont des ingrédients essentiels à la paix durable. Il a souligné l’importance de trouver d’abord la paix intérieure pour construire une paix sociale.
L’intervention musicale de Julie Gaulke « Dona nobis pacem » a marqué une pause spirituelle, rappelant que la paix transcende les frontières religieuses et ne peut venir qu’avec l’aide du Créateur.
Puis, Naseer Ahmed Shahid, missionnaire de la communauté musulmane Amadiyya en France, a présenté un exposé ancré dans l’actualité mondiale. Il a dénoncé l’injustice, l’égoïsme et l’usurpation des ressources comme causes profondes des conflits. Citant le chef spirituel de sa communauté, il a averti du danger d’une troisième guerre mondiale si la justice absolue n’est pas mise en œuvre. Il a insisté sur la responsabilité collective et la nécessité de coopérer pour le bien commun.
Les échanges qui ont suivi ont permis à plusieurs participants de rappeler que toutes les religions portent en elles un message de paix, mais que celui-ci est trop souvent oublié ou mal interprété. Des représentants musulmans ont mis en avant la supériorité du pardon sur la loi du talion. D’autres, venus du Cameroun, du Mali ou du Sénégal, ont témoigné du rôle crucial des leaders religieux dans la résolution de crises locales, tout en regrettant que leur voix ait peu d’impact sur la scène internationale.
La rencontre s’est conclue sur l’idée que la paix doit être à la fois dite, comprise et vécue. Elle exige une mise en pratique concrète : pardon, justice, coopération et tolérance. Les participants ont réaffirmé que l’unité entre croyants, au-delà des différences confessionnelles, est la clé pour inspirer les sociétés et influencer les décideurs.
Ainsi, « Bien dire la paix » ne signifie pas seulement en parler, mais aussi l’incarner et l’agir dans la vie personnelle, sociale et internationale.







