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Conférence internationale des dirigeants (ILC Juin 2021) – Sessions 3 & 4

Conférence internationale des dirigeants (ILC 2021) : Vers la réunification pacifique de la péninsule coréenne – Sessions 3 & 4

29 juin 2021

 Session 3 –  Les relations entre l’Europe et la Russie par rapport à la République populaire démocratique de Corée

Robin Marsh, secretary general of Universal Peace Federation of the United Kingdom Hon. Keith Best, former Member of the UK Parliament and current Chair of UPF UK Prof. Natalia Romashkina, Head of the Information Security Problems Group at the National Research Institute of World Economy and International Relations in Russia Dr. Edward Howell, a stipendiary Lecturer in Politics at the University of Oxford’s New College in UK Major General (ret.) Mats Engman, a Distinguished Military Fellow at the Institute for Security and Development Policy in Sweden Mr. Jack Corley, UPF President for Eastern Europe

Le modérateur, l’honorable Keith Best, ancien député du Parlement du Royaume-Uni et actuel président de la FPU Royaume-Uni, a invité l’auditoire à se renseigner sur l’un des sujets les plus importants concernant la géopolitique – Les relations entre l’Europe et la Russie par rapport à la République populaire démocratique de Corée.

La professeure Natalia Romashkina, responsable du groupe sur les problèmes de sécurité de l’information à l’Institut national de recherche sur l’économie mondiale et les relations internationales en Russie, a commencé par évoquer brièvement les liens que sa famille a noués avec Kim Il Sung et Kim Jong Il  à l’époque de son enfance en Russie. Elle a ensuite parlé de l’évaluation récente du président Vladimir Poutine sur le risque élevé de la menace nucléaire sur la péninsule coréenne, causée par la combinaison des missiles de la RPDC et des sanctions imposées par l’ONU.

Le refus des États-Unis à la demande de la Russie de lever les sanctions économiques de l’ONU pendant la pandémie constituera un obstacle au processus de dénucléarisation, a-t-elle déclaré. Comme la situation dans la péninsule coréenne est désormais un problème mondial, la Russie espère non seulement que les États-Unis et la Russie catalyseront le changement, mais aussi que les pourparlers à six pourront reprendre avec le soutien de l’Europe. Des mesures de confiance doivent être rétablies, a-t-elle conclu.

M. Edward Howell, professeur titulaire en politique au New College à l’Université d’Oxford (Royaume-Uni), a mis la lumière sur des tentatives de réforme dans l’histoire récente du monde afin de souligner la complexité du changement dans la péninsule coréenne. Son analyse sur la question coréenne s’est concentrée sur trois points : les dirigeants et les décideurs impliqués, les régions impliquées et la perspective plus large de la relation entre les nations et les systèmes mondiaux qui maintiennent la paix et la sécurité.

Compte tenu de ces nombreuses facettes  a-t-il dit, au lieu de se concentrer constamment sur l’objectif final, on devrait résoudre ce problème étape par étape, la question ultime étant « Comment pouvons-nous bâtir la confiance? ». Il a suggéré que les États-Unis modifient leur stratégie pour obtenir plus d’efficacité. En premier lieu, changer l’objectif de la dénucléarisation totale par la Corée du Nord à quelque chose de plus facilement atteignable, par exemple la réduction de la menace pour sa région ou les États-Unis.

Le Maj. Gén. Mats Engman (ret), un militaire distingué de l’Institut pour la politique de sécurité et de développement  (Institute for Security and Development Policy) en Suède, a codirigé la Commission de surveillance des Nations neutres à Panmunjom de 2015 à 2017. Se référant à l’expérience de la Suède, un pays neutre, il a parlé de la nécessité, dans un environnement de sécurité concurrentiel, de promouvoir l’État de droit, la prévisibilité et la transparence afin de réduire les risques et de promouvoir la stabilité. Il a noté, selon sa propre expérience, qu’il existe également des différences politiques, économiques et culturelles majeures concernant les deux Corées.
Il a énuméré les points d’action possibles pour la péninsule, y compris une participation renouvelée des alliances : plus de dialogue entre la Russie, la Chine et l’Europe, soutien à la RPDC et aide humanitaire en temps de pandémie du COVID-19. Il a conclu que même si la Suède et l’Asie de l’Est sont très différentes, il existe de nombreuses similitudes, permettant à son pays d’agir comme un facilitateur dans les questions de sécurité collective et de renforcement de la confiance.

M. Jack Corley, président de la FPU pour l’Europe de l’Est, a parlé du concept de « l’idéologie Headwing » du révérend Sun Myung Moon, fondateur de la FPU Internationale, en relation avec la péninsule coréenne. Il a déclaré que le révérend Moon a réagi, face à la haine, avec la sagesse de l’amour et a fait tomber les barrières idéologiques, politiques et raciales pour faire place au dialogue et aux échanges fructueux entre les parties en conflit. La création d’une usine d’automobiles en Corée du Nord et la construction d’un centre spirituel/culturel à Pyongyang ont ouvert les portes aux dirigeants de la Corée du Nord.

M. Corley a conclu en soulignant le rôle joué par la Russie dans le processus de paix dans la péninsule coréenne. La Russie peut offrir un moyen aux dirigeants nord-coréens pour sauver la face et apporter les changements nécessaires, a-t-il dit.

 

SESSION 4 – Politique de l’administration Biden et réunification de la péninsule coréenne

Mrs. Kaeleigh Moffitt, Congress Liaison of UPF Hon. Dan Burton, from the U.S. House of Representatives (1983-2013) Mr. Harry Kazianis, Senior Director of Korean Studies at the Center for the National Interest in the USA Dr. Barthelémy Courmont, Senior Research-fellow at the Paris-based Institute of International and Strategic Relations (IRIS) Dr. Alexander Vorontsov, Chairman of the Department for Korean and Mongolian Studies at the Institute of Oriental Studies of the Russia Academy of Sciences

La session a commencé par une brève introduction de Mlle Kaeleigh Moffitt, modératrice, chargée de liaison au Congrès de la FPU Internationale, suivie de quatre présentations des panélistes ayant une connaissance approfondie dans le domaine de l’analyse de la politique étrangère.

L’honorable Dan Burton, de la Chambre des représentants des États-Unis (1983-2013), a expliqué que la priorité absolue de l’administration Biden est de stabiliser suffisamment les États-Unis pour qu’ils puissent étendre leur influence à l’étranger. Il a souligné les risques liés à l’augmentation de leur dette nationale en essayant de maintenir l’économie à flot. Et, compte tenu de la militarisation rapide de la Chine, les Etats-Unis, en diminuant leur capacité à protéger leurs intérêts à l’étranger par la réduction du budget militaire, encourent d’autres risques également.

Un facteur crucial pour la réunification de la péninsule serait la cohérence de la politique étrangère des États-Unis avec la Corée du Nord en poursuivant la politique de l’administration Trump, a-t-il déclaré. Il a souligné l’importance des réunions face-à-face  pour discuter d’un éventuel soutien économique à la RPDC. Se référant à l’initiative de défense stratégique de l’administration Reagan (parfois appelée « guerre des étoiles »), M. Burton a mentionné l’utilisation possible de la technologie moderne pour rendre les armes nucléaires obsolètes.

M. Harry Kazianis, directeur principal des études coréennes au Centre d’intérêt national (Center for the National Interest) aux États-Unis, a déclaré que la baisse des mesures liées à la politique étrangère était en grande partie attribuée à la pandémie du COVID-19, laquelle a forcé les États-Unis et la RPDC à se replier sur eux-mêmes. À ce stade précoce, le président Biden ne chercherait probablement pas à rouvrir des négociations risquées par manque actuelle de capital politique.

Le peuple coréen va sûrement se réunir, mais pas dans un avenir prévisible. Un effondrement du régime Kim provoquerait la plus grande crise internationale, forçant la communauté internationale à agir rapidement et efficacement pour sécuriser les armes nucléaires et aider à reconstruire la société. La publication d’une déclaration formelle mettant fin à la guerre de Corée pourrait être un bon déclencheur du dialogue entre la RPDC et les États-Unis », a-t-il suggéré, et pourrait servir de capital politique pour Kim Jong Un.

M. Barthelémy Courmont, chercheur principal à l’Institut des relations internationales et stratégiques de Paris, a rappelé les récentes rencontres du président Biden avec des dirigeants mondiaux en Europe, dont le président sud-coréen Moon Jae-In.

Nous avons vu des sourires, des bonnes intentions, des promesses en matière de multilatéralisme par exemple, mais nous avons aussi vu les limites de cette administration , a-t-il souligné. La dénucléarisation pendant la présidence de Biden manque de probabilité. La priorité de la Corée du Nord est la survie.

Les décisions de l’administration Trump de rencontrer Kim Jong Un ont brisé le statu quo des gouvernements précédents, mais de telles actions ne peuvent être attendues de la présidence Biden dans les quatre prochaines années. M. Courmont a souligné l’importance de maintenir les sanctions en place pour accroître la pression sur le pays grâce à une coopération globale et internationale. Les sanctions ne mèneront pas à la démocratisation, mais elles peuvent servir d’outil de négociation.

M. Alexander Vorontsov, président du Département des études coréennes et mongoles de l’Institut des études orientales de l’Académie des sciences russe, a convenu que l’administration Biden adopte une nouvelle approche par étapes, mais s’est demandé si cela est suffisant pour relancer le dialogue. Comme première étape vers la réunification, la communication inter-coréenne devrait être relancée, a-t-il dit. L’administration Biden permettra-t-elle à la Corée du Sud de faire quelque chose de différent? Ce qui est réalisable, c’est de préserver la situation actuelle, relativement calme, car cela peut aider à empêcher la Corée du Nord de mener d’autres essais nucléaires ou de missiles à longue portée ».

La question est de savoir si l’administration Biden est prête à assouplir les sanctions, sans lesquelles il n’y a aucun espoir de reprise du dialogue. La seule façon d’aller de l’avant, a conclu M. Vorontsov, serait la coexistence à long terme pour les deux Corées, au cours de laquelle elles coopèreraient économiquement par un processus d’engagement graduel et par les accords qui ont été signés au sommet intercoréen de 2007.

Conférence Internationale des Dirigeants (ILC Juin 2021) – Session 2

Conférence internationale des dirigeants (ILC Juin 2021) – session 5