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Conférence sur le thème « En finir avec les guerres, vraiment ? / Pas de paix sans les femmes »

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    Environ 200 participants ont rempli la salle XXVI de l’Office des Nations Unies à Genève.
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    M. Bachittar Singh Ughrha, fondateur et président du Centre de défense des droits de l’homme, et M. Michel Reymond, vice-président de la FPU Suisse, devant les roll-ups de la conférence.
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    Session 1 et ouverture (de gauche à droite) : M. Heiner Handschin, Coordinateur, IAPD Europe et Moyen-Orient ; Mme Srruthi Lekha Raaja Elango, directrice adjointe du Bureau des relations avec l’ONU du WFWP, Genève ; Mme Karen Bybee, représentante de LDS Charities auprès des bureaux des Nations Unies, Genève (modératrice) ; le révérend Jerry Pillay, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, Genève ; M. Jacques Marion, président de l’UPF Europe et Moyen-Orient ; Mme Carolyn Handschin, vice-présidente, WFWPI.
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    Le révérend Jerry Pillay (2e à partir de la gauche), secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, Genève, s’exprimant lors de la session 1.
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    Joël Hakizimana (à l’extrême gauche), ambassadeur de paix de la FPU du Burundi, avec les panélistes d’ouverture et de la première session.
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    M. Heiner Handschin (à gauche), coordinateur de l’IAPD Europe et Moyen-Orient, s’exprimant lors de la session 1.
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    Mme Srruthi Lekha Raaja Elango (3e à partir de la gauche), directrice adjointe du Bureau des relations avec l’ONU de la WFWP, Genève, répond à une question du public.
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    Les panélistes de la 1ère séance et de la séance d’ouverture.
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    Séance 2 : (de gauche à droite) Mme Hillary Murphy, spécialiste principale des affaires sociales, Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU), lisant le discours de Mme Tatiana Molcean, secrétaire exécutive de la CEE-ONU ; M. Jacques Marion, président UPF Europe et Moyen-Orient (modérateur) ; Mme Adriana Quiñones, responsable des droits de l’homme et du développement, ONU Femmes ; Mme Carolyn Handschin, Présidente du Comité des ONG sur la condition de la femme, Genève.
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    Mme Hillary Murphy (au centre), spécialiste principale des affaires sociales, Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU), lisant le discours de Mme Tatiana Molcean, secrétaire exécutive de la CEE-ONU.
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    Mme Adriana Quiñones (2e à partir de la droite), responsable des droits de l’homme et du développement à ONU Femmes, prononce son discours.
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    Dr Svjetlana Jovic, chef d’équipe, secteur des affaires civiles ouest, FINUL, Liban, s’exprime via un enregistrement vidéo.
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    Mme Carolyn Handschin (à droite), présidente du Comité des ONG sur la condition de la femme, Genève, fait sa présentation.
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    M. Marion invite Mme An Monita (à gauche), vice-présidente de l’IAYSP Cambodge, à faire sa présentation.
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    Les panélistes de la 2ème séance.
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    Mme Christina Eisenberg (en veste rouge), Présidente de Cap Diverses Cités, France, s’adresse au panel depuis l’audience.
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    M. Reza Jafari, Président du Dialogue de paix en Afghanistan, pose une question au panel.
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    De gauche à droite : Dr Michael Balcomb, président de la FFWPU Europe et Moyen-Orient ; Mme Bozena Schmid, ancienne diplomate suisse ; M. Nikolay Khozyainov, pianiste russe de renom.
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    L’auditoire d’environ 200 participants comprenait 40 à 50 visiteurs réguliers de l’Office des Nations Unies à Genève et environ 160 personnes venues de différents pays pour la conférence.

Genève, Suisse – La conférence du 10 mai 2024, au siège des Nations unies à Genève, en Suisse, a été organisée conjointement par la FPU et la WFWPI Europe et Moyen-Orient.

Un public international d’environ 200 personnes a assisté à l’événement intitulé « En finir avec les guerres, vraiment ?  / Pas de paix sans les femmes ».

La conférence, qui s’est tenue dans l’après-midi du vendredi 10 mai 2024 à l’Office des Nations unies à Genève (Suisse), était organisée conjointement par les branches Europe et Moyen-Orient de la Fédération pour la paix universelle (UPF) et de la Fédération internationale des femmes pour la paix mondiale (WFWPI).

L’organisation affiliée Association internationale des jeunes et des étudiants pour la paix (IAYSP) était également sponsor, tout comme le Conseil œcuménique des églises (COE), UN Women, Soroptimist International, Latter-day Saint (LDS) Charities, Fribourg Peace Forum, Geneva Interfaith Intercultural Alliance (GIIA), et l’ONG Committee on the Status of Women (ONG CSW), Genève.

Accueil et remarques d’ouverture par les organisateurs :

M. Jacques Marion, président de UPF Europe et Moyen-Orient, a souligné l’urgence de la paix face aux conflits en cours. M. Marion a souligné que l’histoire n’indique pas la fin de la religion ; au contraire, les convictions religieuses perdurent, dépassant les affiliations politiques. En 2000, les fondateurs de UPF ont proposé une structure bicamérale de l’ONU, comprenant un Conseil interreligieux, afin de compléter l’action des dirigeants politiques dans la résolution des conflits.

Mme Carolyn Handschin, présidente à Genève du Comité des ONG sur le statut des femmes, a évoqué le mouvement des femmes pour la paix après la Première Guerre mondiale, incarné par le cri de ralliement “Plus jamais de guerre”. Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, des organisations telles que la WFWPI et l’IAFLP (International Association of First Ladies for Peace) ont proclamé “Pas de paix sans les femmes”, exigeant la reconnaissance d’un partenariat dans les efforts de paix. Les principaux événements organisés sur ce thème ont suscité des réactions enthousiastes et apporté des résultats concrets.

Session 1 : Une approche confessionnelle de la paix durable par la réconciliation.

Mme Karen Bybee, représentante de LDS Charities auprès de l’Office des Nations unies à Genève, a brillamment présidé cette session.

Rev. Dr. Jerry Pillay, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, a évoqué la tendance de certains dirigeants politiques à l’agression plutôt qu’à la recherche d’un dialogue pacifique, citant les conflits en Ukraine, en Russie et en Israël-Palestine. Il a fait remarquer que ces conflits résultent souvent de facteurs autres que les différences religieuses. Le Conseil œcuménique des Églises met l’accent sur la paix dans une perspective religieuse, estimant que les individus doivent être des agents de paix, de justice et de stabilité. L’Assemblée de 2022 a condamné la polarisation, la militarisation et l’utilisation abusive de la religion pour justifier la violence, en prônant le dialogue, la compréhension et la coopération. Le Conseil prône une approche holistique de la paix, qui englobe la plénitude, la réconciliation et la guérison.

Le révérend Pillay a proposé cinq stratégies pour une paix durable : remettre en question les structures qui incitent à la guerre, plaider pour la justice dans les domaines de l’économie, du genre, du climat et du numérique, promouvoir la guérison et la réconciliation, adopter une approche intégrée des défis mondiaux et encourager la collaboration entre divers groupes, y compris les ONG et les différentes confessions. Ces stratégies visent à s’attaquer aux causes profondes des conflits et à instaurer une paix durable et inclusive.

M. Heiner Handschin, coordinateur de l’IAPD (Interreligious Association for Peace and Development) pour l’Europe et le Moyen-Orient, a souligné la nécessité d’agir dans les périodes de violence, citant John F. Kennedy pour souligner l’importance pour les bonnes personnes de prendre des mesures décisives contre le mal. Il a souligné le rôle vital que jouent les chefs religieux en guidant leurs communautés et en s’attaquant aux injustices mondiales. Malgré leur potentiel, les personnalités religieuses sont souvent exclues des processus de paix officiels. M. Handschin a plaidé en faveur d’une stratégie de paix plus inclusive impliquant les chefs religieux, suggérant que l’ONU devienne une institution bicamérale dotée d’un conseil interreligieux afin de renforcer les efforts de paix au niveau mondial. Il a également établi un lien entre la consolidation de la paix et les rôles familiaux, en mettant en parallèle l’éducation des enfants et la résolution des conflits.

Mme Srruthi Lekha Raaja Elango, directrice adjointe du Bureau des relations avec les Nations unies de la WFWPI à Genève, a souligné que des normes de paix différentes alimentent les conflits. Elle a fait part de son expérience personnelle en Allemagne, où les lois “Ruhezeiten” garantissent des nuits et des dimanches calmes. En tant qu’immigrante indienne, elle a trouvé difficile de s’adapter à ces normes, soulignant les différences culturelles. Cette situation contraste fortement avec les régions en conflit, où les violations graves telles que les attentats à la bombe sont monnaie courante. Elle a critiqué l’incohérence des normes de paix mondiales et l’échec de la doctrine de la responsabilité de protéger. La paix véritable exige des normes égales, sans hypocrisie ni double standard, et de traiter les autres comme nous souhaitons être traités.

Session 2 : “Pas de paix sans les femmes”.

Plus que leur rôle de pacificatrices et de réconciliatrices, c’est l’autorité des femmes pour mener un appel à “prévenir” la guerre qui a été au centre de la deuxième session d’une conférence qui s’est tenue dans les locaux des Nations unies. La session, intitulée “Pas de paix sans les femmes”, a débuté par une introduction de M. Jacques Marion, président régional de la UPF pour l’Europe et le Moyen-Orient, qui a joué le rôle de modérateur.

Mme Tatiana Molcean, sous-secrétaire générale et secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations unies pour l’Europe (CEE-ONU), n’a pas pu être présente. Son discours a été présenté par Hillary Murphy, responsable des affaires sociales de la CEE-ONU. Mme Molcean a écrit dans son discours que l’égalité des sexes, en particulier par le biais de l’autonomisation économique, est un principe essentiel du travail de la CEE-ONU. Elle a décrit trois domaines de préoccupation dans la région européenne :

– Atteindre l’objectif de développement durable 5 des Nations Unies : l’égalité des sexes ;

– Contrer un mouvement croissant qui s’oppose à l’égalité des sexes ;

– Remédier à l’impact disproportionné de la guerre sur les femmes.

Elle a mentionné que la CEE-ONU et l’ONU Femmes organiseront conjointement un événement à Genève les 21 et 22 octobre 2024, dans la perspective du 30e anniversaire de la Déclaration de Pékin qui, en 1995, a établi un ensemble de principes pour l’égalité des hommes et des femmes.

Mme Adriana Quiñones, responsable des droits de l’homme et du développement pour l’ONU Femmes, a exprimé sa profonde inquiétude face à l’escalade des conflits armés dans le monde, en particulier au Yémen, à Gaza et en Ukraine, qui affectent de manière disproportionnée les femmes et les filles. Elle en a souligné les graves conséquences, notamment la mort de civils, les déplacements, la pauvreté, l’insécurité alimentaire et les violences sexuelles liées au genre. Mme Quiñones a souligné que les femmes, bien qu’elles portent le poids des conflits, sont souvent marginalisées dans les processus de paix. Elle a affirmé que l’inclusion des femmes conduit à une paix plus globale et durable. L’ONU Femmes soutient des initiatives telles que la formation de procureurs au Guatemala pour lutter contre la violence sexuelle en temps de guerre et l’implication d’organisations de femmes dans les pourparlers de paix en Colombie.

Mme Svjetlana Jovic, experte en prévention des conflits auprès de la UNIFIL (United Nations Interim Force In Lebanon), a souligné que malgré l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité il y a 24 ans, les voix des femmes restent négligées dans les processus de paix. Depuis 2018 au Sud-Liban, plus de deux douzaines de femmes ont été formées à la médiation et à la prévention des conflits, convainquant les dirigeants locaux de leurs avantages. Ces femmes sont maintenant actives dans l’aide aux familles déplacées et dans la résolution des conflits locaux, en utilisant leurs compétences en médiation. Le Dr Jovic a souligné que l’autonomisation des femmes dans les efforts de paix est cruciale, affirmant que tout effort visant à planter une graine de paix en vaut la peine.

Mme Carolyn Handschin-Moser, présidente du Comité des ONG sur le statut des femmes à l’ONU à Genève, a insisté sur la mobilisation pour mettre fin aux guerres par le dialogue et la coopération. Elle a souligné le rôle crucial des femmes pendant et après les guerres, notamment dans la gestion des entreprises, la cohésion des communautés et les soins aux blessés. Mme Handschin-Moser a souligné l’importance d’inclure les femmes dans les négociations de paix, en citant leurs compétences uniques et leur expérience intime de la guerre. Malgré les possibilités offertes par la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, elle a affirmé que les femmes devaient encore être pleinement intégrées à toutes les étapes du conflit, en particulier dans sa prévention. Elle a souligné l’importance de l’influence des femmes en tant qu’éducatrices et agents d’influence.

Mme An Monita, vice-présidente au Cambodge de l’Association internationale des jeunes et des étudiants pour la paix, a souligné la mission de l’organisation, qui est d’inspirer la collaboration pour une paix véritable. Elle a insisté sur trois points : l’absence des femmes dans les pourparlers de paix affaiblit la durabilité, la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies est essentielle pour reconnaître le rôle des femmes, et la paix commence dans les familles nourries par l’amour des mères. Elle a fait l’éloge des femmes cambodgiennes qui jouent un rôle de premier plan dans le développement économique, la guérison des communautés et la défense de la justice. Monita a souligné le potentiel des jeunes femmes à susciter des changements positifs, déclarant que leurs voix sont vitales pour des politiques inclusives, la cohésion sociale et le traitement des racines des conflits.

D’après les rapports d’Yvo Bruffaerts et de Renee Corley, UPF Europe et Moyen-Orient