2018-12-12 UPF ELC in Strasbourg
1 Dr. Dieter Schmidt, responsable de la FPU pour l'Europe centrale (deuxième à partir de la gauche), ouvre la conférence.
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2 Une minute de silence a été observée à la mémoire des victimes de l'attaque terroriste ayant eu lieu la veille.
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3 Les participants se lèvent pour rendre hommage aux victimes de l'attentat à Strasbourg.
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4 Un moment de recueillement pour les victimes de l'attentat à Strasbourg perpétré le 11 décembre 2018.
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5 Dr. Dieter Schmidt, responsable régional de la FPU pour l'Europe centrale, et Dr. Katsumi Otsuka, président de la FPU pour l'Europe et le Moyen Orient.
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6 Dr. Ali Rastbeen, président de l'Académie de Géopolitique de Paris, anime la première session. Principales intervenantes : Madame Diana Constantinide, avocate spécialiste des droits de l'homme, et Dr. Farida Viliullina, spécialiste des lois publiques internationales et des droits de l'homme.
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7 Intervenants de la première session
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8 Dr. Doeter Schmidt (à gauche) et les intervenants de la première session.
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9 Dr. Balcomb, Président de la FFPM (organisation affiliée) pour l'Europe et le Moyen Orient, et son épouse
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10 M. le député Tomas Zdechovsky, membre du Parlement européen pour la République tchèque, avec le Dr. Katsuma Otsuka, président de la FPU pour l'Europe, l'Eurasie et le Moyen Orient et Mme Diana Constantinide, avocate.
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11 L'auditoire venu du monde entier participe à la conférence organisée par la FPU sur le thème "l'Europe et l'avenir des droits de l'homme".
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12 La conférence s'est tenue le 12 décembre 2018 à Strasbourg, au sein du Parlement européen.
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13 Une question posée par M. Khalil Merroun, recteur de la mosquée d'Evry lors de la première session.
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14 Pour conclure la première session (de gauche à droite) : Dr.Dieter Schmidt, Mr. Jacques Marion, Mr. Peter Zoehrer, Dr. Katsumi Otsuka, Mme Diana Constantinide, Dr. Ali Rastbeen et Dr. Farida Valiullina.
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15 M. Peter Zoehrer (au centre), directeur adjoint de l'association "Forum for Religious Freedom Europe", anime la deuxième session
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16 Fou rire communicatif des intervenants de la Session II
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17 Dr. Aaron Rhodes, ancien directeur adjoint de la Fédération Internationale de Helsinki pour les Droits de l'Homme, et Dr. Antonio Stango, président de la Fédération italienne pour les Droits de l'Homme.
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18 Deuxième session: (de gauche à droite) Mme Carolyn Handschin, Dr. Adrian Holderegger, M. Peter Zoehrer (modérateur), Dr. Aaron Rhodes et Dr. Antonio Stango
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19 Auditoire lors de la deuxième session.
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20 M. Abraham Fofana de l'Association libérienne aux Pays- Bas, pose une question lors de la deuxième session
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21 Dr. Adrian Holderegger, Professeur émérite du département "Ethique &Théologie", de l'Université de Fribourg (Allemagne), précise un point lors de la deuxième session.
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22 Mme Carolyn Handschin, de la Fédération des Femmes pour la Paix Mondiale (à gauche), met en valeur le rôle de la famille dans la transmission du sens de la responsabilité et des droits de l'homme aux enfants dès leur plus jeune âge.
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23 Les intervenants et les modérateurs à la fin de la conférence
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24 Les intervenants, les modérateurs et l'auditoire à la fin de la conférence.
Message de bienvenue de Hon. Patricia Lalonde
Intervention de Dr. Ali Rastbeen
Intervention de M. Jacques Marion
Intervention de Dr. Adrian Holderegger

Cliquez ici pour écouter l'enregistrement audio de la conférence en français.

Pour commémorer le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, le 12 décembre 2018 au Parlement européen à Strasbourg, la Fédération pour la paix universelle (FPU) et ses organisations partenaires ont réuni deux panels de juristes éminents, de militants des droits de l’homme et de praticiens pour discuter du thème : « L'Europe et l'avenir des droits de l'homme ».  

Organisée sous les auspices de l'eurodéputée Patricia Lalonde, la conférence a reçu la visite de plusieurs membres du Parlement européen et de leurs assistants, ainsi que des représentants consulaires basés à Strasbourg. L'eurodéputé tchèque Tomas Zdechovsky comptait parmi les orateurs. Les organisations partenaires étaient l'Académie de Géopolitique de Paris, Human Rights Without Frontiers, la Fédération internationale des femmes pour la paix et l'Association internationale des parlementaires pour la paix.

La veille de l'événement, un attentat terroriste sur le marché de Noël de Strasbourg avait ébranlé toute la nation, et la conférence s'est tenue alors qu’on recherchait activement le coupable dans la ville. Cela n'a pas empêché une centaine de participants, venant de plusieurs pays européens, d'assister à l'événement.

Dr Dieter Schmidt, représentant de la FPU pour l'Europe centrale, ouvrit la conférence en demandant une minute de silence pour les personnes décédées ou blessées lors de l'attaque. Il invita ensuite Dr Katsumi Otsuka, président de la FPU pour l'Europe et le Moyen-Orient, à prononcer le discours de bienvenue. Dr Otsuka expliqua toute la considération que les fondateurs de la FPU attachent aux droits de l’homme, à cause des tribulations qu’ils traversèrent en tant que réfugiés dans leur patrie déchirée par la guerre de Corée.

Le premier panel, sur le thème « L'Europe et les libertés fondamentales », était animé par Dr Ali Rastbeen, président de l'Académie de Géopolitique de Paris. Il lut un message de Patricia Lalonde, empêchée d'assister à la manifestation, exprimant son souci que cette commémoration de la DUDH soit l'occasion de rappeler les violations des droits de l'homme perpétrées dans le monde, notamment au Yémen.
Dr Rastbeen déclara que, l'Europe étant un acteur clé dans la promotion internationale des droits de l'homme, il fallait attirer l'attention sur leurs violations perpétrées au Yémen ou dans d'autres pays, mais également mettre en lumière les contradictions éventuelles entre la position des grandes puissances sur les droits de l'homme et leur posture diplomatique.

Le premier orateur, M. Willy Fautré, directeur et cofondateur de Human Rights Without Frontiers, basé à Bruxelles, évoqua la menace que représente l'islamisme, tant pour l’application des droits de l'homme que pour l'intégration des communautés musulmanes historiques dans l'Europe multiculturelle. Il souligna le danger de la « salafisation », en premier lieu pour les autres musulmans, puis pour la société en général. Il fit état de recherches montrant que l'image des communautés musulmanes historiques dans les pays de l'Union européenne est affectée, et que leurs enfants sont aliénés des valeurs défendues par leurs parents.

M. Tomas Zdechovsky, député européen pour la République tchèque, expliqua que son attachement aux droits de l'homme plongeait ses racines dans l'expérience de persécution traversée par sa famille sous les régimes nazi et communiste, et rappela les paroles de son grand-père : « Si tu t'endors dans une démocratie, tu te réveilleras dans une dictature. » Il exprima sa détermination, en tant qu'eurodéputé, à dénoncer les violations des droits de l'homme et à défendre les droits des minorités sans compromis, malgré une relative indifférence de nombreux parlementaires sur cette question.

Me Diana Constantinide, avocate spécialisée dans les droits de l'homme basée à Londres, qualifia la DUDH de « magna carta de l'humanité », mais nota que les violations des droits de l'homme n'avaient pas diminué depuis la transition vers la modernité, et n'avaient fait que changer de caractère. Forte de son expérience en défendant des cas concrets, elle avait compris qu'il fallait être un auditeur attentif pour rassembler des preuves et protéger les droits des personnes. Elle conclut en disant que la pierre angulaire des droits de l'homme réside dans la manière dont nous éduquons nos enfants.

Me Farida Valiullina, avocate spécialisée en droit public international et dans le domaine des droits de l'homme, basée à Berlin, souligna l'idéalisme et l'objectif originels de la DUDH, tout en précisant les faiblesses de sa mise en œuvre légale. Sur la base des enseignements tirés de la Seconde Guerre mondiale, dit-elle, le système de protection des droits de l'homme en Europe est le plus puissant au monde, mais les citoyens et les juristes sont souvent confrontés à des textes contraignants qui diffèrent, soulevant la nécessité d'une meilleure coopération entre la CEDH et les systèmes juridiques nationaux.

M. Jacques Marion, vice-président de la FPU pour l'Europe et le Moyen-Orient, conclut le panel en abordant le thème des droits et des responsabilités. Citant le discours du Pape François sur l'Europe donné au Parlement de Strasbourg en 2014, dans lequel il parlait de l'interdépendance des droits des individus et de leur responsabilité à l'égard du bien commun, il insista sur la nécessité de redonner leur place aux valeurs spirituelles dans la vie sociale, et de restaurer l’équilibre entre « l'esprit » et le « corps » de la société, c'est-à-dire entre sa dimension spirituelle et sa dimension politique.

Le deuxième panel avait pour thème « Les fondements philosophiques des droits de l'homme et leur perspective d'avenir ». Il était animé par M. Peter Zoehrer, directeur exécutif du Forum pour la liberté de religion (FOREF Europe).

Dr Aaron Rhodes, ancien directeur exécutif de la Fédération internationale d'Helsinki pour les droits de l'homme, auteur d'un livre récent intitulé : « La dévalorisation des droits de l’homme - Comment la politique sabote l’idéal de la liberté », souligna l’importance de la DUDH mais soutint que les principes fondamentaux énoncés dans ses articles 1 et 2 étaient contredits par la liste des droits de l’homme qui suit, notamment par les droits économiques et sociaux. Les droits de l'homme sont enracinés dans la nature, dit-il ; la liberté et l'égalité ne sont pas des valeurs inventées par un quelconque ordre politique, ce sont des principes naturels communs à tous les êtres humains. Aujourd'hui, toutefois, 70 ans après la Déclaration, la discrimination juridique empêche des millions de personnes de jouir de leur liberté.

Dr Antonio Stango, président de la Fédération italienne des droits de l'homme, fit l'éloge du texte de 1948 de la DUDH en tant que fondement du concept d’« universalisme », justifiant dans certains cas que des nations ou des institutions internationales interviennent lorsqu'un gouvernement ne remplit pas ses obligations envers ses citoyens. Cependant, dit-il, cette approche universaliste est menacée par des perspectives régionales sur les des droits de l'homme, citant les cas des « Valeurs asiatiques » ou de la « Déclaration du Caire ». Une tension est ainsi créée entre l'appel à l'universalisme et la défense des « valeurs traditionnelles » qui conduit à un relativisme culturel.  

Dr Adrian Holderegger, professeur émérite au département d'éthique et de théologie de l'Université de Fribourg en Suisse, aborda ensuite le thème suivant : « Droits de l'homme ou droits citoyens ? Une nouvelle étape dans le dialogue interreligieux. » Il évoqua une déclaration adoptée en juin 2018 par des hauts responsables de six grandes religions à l'ONU, à Genève, affirmant leur engagement à reconnaître le concept d'égalité des droits citoyens, lesquels sont basés sur les droits de l'homme. Après l'échec des concertations sur un point de référence commun entre les religions pour la promotion des droits de l'homme, après la prise de conscience que la quête d'une « éthique globale » est dans l'impasse, dit-il, cette déclaration constitue une avancée en formant un « triangle dynamique » entre droits citoyens, droits de l'homme et valeurs universelles.

Dernière oratrice de la journée, Mme Carolyn Handschin, directrice des bureaux de l'ONU de la Fédération des femmes pour la paix dans le monde, décrivit le contexte de la préparation de la DUDH sous la direction d'Eléonore Roosevelt et la remarquable cohésion que l’acceptation du projet final engendra. Elle mentionna les efforts ultérieurs de l'InterAction Council (1983-1997) visant à incorporer dans la Déclaration un accord sur les responsabilités, avec la participation de dignitaires de la stature de Nelson Mandela. Elle souligna la transformation qu'apporterait l'égalité des sexes dans la gouvernance à tous les niveaux, ainsi que dans les débats sur les affaires publiques ; et elle attira l'attention sur le rôle de la famille dans la formation d'un sens précoce des droits et des responsabilités de l'être humain.

La conférence sur « L’Europe et l’avenir des droits de l’homme » s’est déroulée dans le cadre majestueux du Parlement européen, convenant à la commémoration historique de la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’attentat terroriste qui l’a précédée, en plein cœur de Strasbourg, souligne la pertinence des sujets présentés et débattus, mais nous rappelle aussi tous les efforts à faire pour dépasser les préjugés politiques ou religieux afin d’atteindre l’idéal européen d’ « unité dans la diversité ».

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