Rencontre-débat du 7 avril 2026 avec le Khalife général de Bambilor
Diplomatie spirituelle et paix internationale
Dans le cadre de la visite en France du Cheikh Thierno Amadou Ba, Khalife général de Bambilor (Sénégal), et de sa délégation, une série de rencontres a été organisée à Paris du 7 au 10 avril 2026, sous la coordination de la Fédération pour la Paix Universelle (FPU), représentée par son vice-président, M. Patrick Jouan.
La rencontre principale s’est tenue le 7 avril à l’Espace Barrault, siège parisien de la FPU. Après un échange approfondi entre les responsables des deux organisations, la conférence a réuni plus de 80 participants en présentiel ainsi qu’une vingtaine de personnes en ligne. Les discussions ont porté sur les limites de la diplomatie politique classique face aux conflits internationaux et sur la nécessité de promouvoir une « diplomatie spirituelle », fondée sur des valeurs morales et éthiques capables de compléter l’action politique.
M. Jacques Marion, président du chapitre Europe–Moyen-Orient de la Fédération pour la Paix Universelle, a ouvert la rencontre en soulignant que la paix durable ne peut reposer uniquement sur des accords politiques. Selon lui, les responsables spirituels doivent être associés aux décideurs politiques afin d’apporter une dimension éthique aux relations internationales.
Il a rappelé une proposition formulée à l’ONU en 2000 par les fondateurs de la FPU visant à instaurer une structure bicamérale au sein de l’institution internationale, intégrant une chambre de responsables spirituels et culturels aux côtés des représentants des États.
Le Cheikh Ahmadou Ba, président du Conseil des Imams de France, a insisté sur la complémentarité entre religion et politique dans la prévention des conflits. Il a défini la diplomatie spirituelle comme une mobilisation des consciences autour de valeurs telles que la justice, le pardon et le respect de la dignité humaine. Plusieurs exemples de médiation religieuse ont été évoqués, notamment l’action du Vatican entre Cuba et les États-Unis, le document sur la fraternité humaine signé à Abu Dhabi, ainsi que diverses initiatives de dialogue menées au Sénégal et dans plusieurs pays africains.
L’intervention centrale du Cheikh Thierno Amadou Ba a développé l’idée que la paix véritable ne peut être fondée uniquement sur des rapports de force ou des accords formels. Selon lui, la réconciliation des consciences doit précéder celle des peuples. Il a présenté la diplomatie spirituelle comme un travail de prévention destiné à transformer les mentalités et à favoriser le dialogue interreligieux. Il a également évoqué plusieurs initiatives internationales, notamment la signature d’un mémorandum d’entente avec le Vatican.
Deux orientations majeures sont ressorties des échanges : la nécessité de former des diplomates religieux et l’intégration de la diplomatie spirituelle au sein des grandes institutions internationales. Dans cette perspective, le Khalife a annoncé la création à Bambilor d’une « Maison scientifique de la diplomatie religieuse ».
Le Cheikh Thierno Amadou Ba, est le Khalife général de Bambilor au Sénégal, une figure religieuse importante connu pour défendre une vision de la religion comme outil de paix et de rapprochement entre les communautés. Ses prises de parole mettent souvent en avant l’unité, la réconciliation et la coopération entre les religions, y compris dans des cadres internationaux comme le Vatican ou des colloques sur la diplomatie religieuse.
L’Ambassadeur du Sénégal à Paris, Son Excellence Baye Moctar Diop, a salué le rôle croissant des autorités spirituelles dans la médiation des conflits, rappelant que les accords de paix demeurent fragiles lorsqu’ils ne reposent pas sur la sincérité et l’engagement moral des acteurs concernés. Les débats ont également mis en valeur le modèle sénégalais de coexistence religieuse et de dialogue interculturel.
La conférence s’est conclue par la remise au Cheikh Thierno Amadou Ba du titre d’Ambassadeur de Paix décerné par la Fédération pour la Paix Universelle. L’ensemble des interventions a mis en évidence un message commun : la paix mondiale exige non seulement l’action des États, mais également une diplomatie spirituelle fondée sur l’écoute, le respect et la réconciliation des consciences.
Remise du certificat d’ambassadeur de paix
Questions réponses
Au cours de son séjour à Paris, la délégation du Khalife général de Bambilor a également participé, aux côtés des représentants de la FPU, à plusieurs rencontres institutionnelles et académiques : une visite auprès des autorités de la Grande Mosquée de Paris, un forum à l’Académie de géopolitique de Paris, ainsi que des échanges aux ambassades du Sénégal en France et auprès de l’UNESCO. Cette semaine de rencontres a permis d’approfondir les échanges et d’envisager plusieurs projets de coopération autour d’une vision commune : celle d’une diplomatie spirituelle capable d’apporter des réponses durables aux conflits contemporains.



