Le samedi 7 février 2026, à Paris, une rencontre interreligieuse s’est tenue dans le cadre de la Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle. Des représentants de diverses traditions religieuses se sont réunis afin de réfléchir à ce qui unit l’humanité, autour de deux temps symboliques forts : une cérémonie de l’eau en ouverture de la rencontre et une cérémonie de la lumière avant sa clôture.
Animée par M. Patrick Jouan, vice-président de la FPU-France, la rencontre s’est déroulée dans la petite chapelle de l’Association Le Chantier. Les participants y ont été chaleureusement accueillis par Mgr Nicolas, patriarche orthodoxe des Nations, dont l’Église est présente sur tous les continents.
Cérémonie de l’eau
Sur la musique de Jésus que ma joie demeure, interprétée au violon par Mme Harue André, six responsables religieux représentant le judaïsme, le bouddhisme, le christianisme, l’islam, la scientologie et l’unificationisme sont montés sur scène pour verser solennellement, chacun à leur tour, un verre d’eau dans un vase commun. Ce geste symbolisait les rivières des différentes religions se rejoignant dans un même océan.
M. Jacques Marion, représentant la Fédération pour la Paix Universelle (FPU), a rappelé l’origine de cette semaine interreligieuse, proclamée par l’ONU en 2010 à l’initiative du Royaume de Jordanie. Il a également souligné l’engagement constant de la FPU en faveur de la reconnaissance, par les Nations unies, du rôle des religions dans les processus de paix, notamment à travers la publication de l’anthologie comparative des Textes sacrés du monde.
S’appuyant sur les paroles de l’Évangile selon saint Matthieu — « Aimez-vous les uns les autres » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » —, Mgr Nicolas a insisté sur trois conditions essentielles au dialogue interreligieux : l’écoute, le respect mutuel et la connaissance réciproque. Il a illustré son propos par l’exemple de familles divisées, soulignant l’urgence du dialogue tant qu’il est encore possible, ainsi que la nécessité, parfois, de savoir dénoncer les dérives au sein de sa propre communauté.
Le rabbin Michael Shevack, issu de la tradition mystique juive, a évoqué la notion de tikkoun olam, la « réparation du monde », comme une mission commune à l’ensemble de l’humanité. Il a témoigné de la profonde communion spirituelle vécue au cours de cette rencontre, qu’il a perçue comme un avant-goût de l’ère messianique et une invitation à reconnaître notre appartenance à une même famille humaine.
Les participants
Le Vénérable Michel Thao Chan et ses disciples ont décrit l’état de conflit du monde contemporain, soulignant le besoin d’une réponse spirituelle à laquelle le bouddhisme peut contribuer. Leur intervention a été ponctuée de prières psalmodiées, de temps de méditation et d’invocation, renforçant l’intensité spirituelle du moment.
Le recteur Khalil Merroun, de la grande mosquée d’Évry, est ensuite intervenu dans un langage poétique autour du thème de l’eau, central dans le Coran. Commentant le verset 17 de la sourate Ar-Ra‘d, il a expliqué que l’eau y symbolise la révélation divine, reçue par chacun selon sa capacité, tandis que l’écume représente le faux, appelé à disparaître, alors que la vérité demeure.
Un témoignage particulièrement émouvant a été apporté par Dominique et Mariama Guillard, couple chrétien-musulman, qui ont partagé leur chemin d’harmonie spirituelle et familiale dans l’éducation de leurs cinq enfants. Leur sérénité et la profondeur de leur parcours ont profondément touché l’assemblée.
Cérémonie des bougies
Pour clore la rencontre, au son de Be Thou My Vision interprété au violon par Harue André, les représentants de chaque tradition spirituelle ont allumé un cierge à la flamme du cierge central, puis ont partagé cette lumière avec chaque participant, symbolisant ainsi le désir de cheminer ensemble vers une même lumière. La cérémonie s’est achevée par un chant collectif de l’Hymne à la joie, suivi d’une prière prononcée par M. Ignace Wantete (FCLC).
Dans son mot de clôture, Patrick Jouan a exprimé l’espoir que de futures rencontres, tout aussi fraternelles, puissent voir le jour.







