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Un résumé des activités de la FFPM – projets humanitaires, partenariats avec l’ONU, réconciliation

Mrs. Brigitte WadaLa Fédération des femmes pour la paix mondiale,
sa vision et ses projets pour une culture de paix
Allocution de Madame Brigitte WADA
Présidente de la Fédération des femmes pour la paix mondiale FFPM-France

Introduction

Notre monde se trouve aujourd’hui confronté à une crise à l’échelle mondiale avec une augmentation des conflits nationaux et ethniques, des crises financières et un accroissement de la pauvreté. Il n’y a mal- heureusement aucun endroit sur terre où nous pouvons dire que ces problèmes n’existent pas, car en sus de ces maux, la précarité augmente et touche de plus en plus de familles dans le monde, même dans les pays riches, mettant à mal les valeurs de solidarité et de générosité.

Pourtant, le monde souhaite un avenir de paix et notre fédération  s’y emploie grandement car notre espoir est que les pays finiront par s’affranchir de ces germes qui alimentent les discriminations et l’intolé- rance.

1 – Le Manifeste 2000 des Nations Unis

L’année 2000 a représenté à nos yeux une année importante car l’Assemblée Générale des Nations-Unies l’avait proclamée « Année internationale de la culture de la paix ». Dans le même sens, un groupe de Prix Nobel de la paix avait décidé de marquer de son empreinte l’année 2000 en élaborant un manifes- te destiné à promouvoir une année de culture de la paix et de la non-violence.

Ce « Manifeste 2000 » a recueilli plus de 75 millions de signatures et a notamment inscrit dans son texte comme crédo que la paix devrait concerner toutes les activités de la vie privée et publique. Cette phrase « ma vie quotidienne, ma famille, mon travail, ma communauté, mon pays et ma région » traduit notre engage- ment quotidien pour faire du monde un havre de paix.

La Fédération des femmes pour la paix mondiale (FFPM), a signé ce manifeste car ces principes rejoignent pleinement les nôtres.

Ce manifeste regroupe six domaines d’intérêts, qui représentent des fondements philosophiques maiségalement des principes d’action.

  1. Le premier concerne le respect de la vie et la dignité de chaque être humain sans distinc- tion de sexe, d’origine et de religion.
  2. Le deuxième rejette la violence sous toutes ses formes et incite à pratiquer la non-violence active.
  3. Le troisième est de partager le temps et les ressources matérielles en cultivant la générosi- té afin de mettre fin à l’exclusion.
  4. Le quatrième cible la liberté d’expression et le respect de la diversité culturelle en privilé- giant l’écoute et le dialogue.
  5. Nous adhérons également à l’intérêt de promouvoir une consommation responsable et un mode de développement qui tiennent compte de toutes les formes de vie et qui préservent l’équilibre des ressources naturelles de la planète.
  6. En tant que Fédération des femmes pour la paix mondiale, le dernier domaine d’intérêt nous concerne particulièrement à savoir contribuer au développement de la communauté avec la pleine participation des femmes dans le respect de ses droits.

2 – Les fondements de la FFPM

La FFPM est une  fédération de femmes présente dans plus de 160 pays et fonctionnant avec cinq principes fondamentaux que nous considérons comme universels.

Notre premier principe est qu’au-delà des différences culturelles et confessionnelles, les hommes et les femmes appartiennent à une seule et unique famille humaine.

Ce premier principe nous impose à suivre la règle d’or que l’on retrouve dans toutes les religions à savoir « faites aux autres ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous ». L’entraide et la générosité sont deux vertus que nous privilégions car elles génèrent en nous un sens de la solidarité qui nous permet de considérer les autres comme des membres d’une famille élargie. Et pour cela, il faut mettre en œuvre un « culture de service » où l’on apprend à s’aimer comme une famille.

Le deuxième principe est l’accomplissement de la personnalité afin de parvenir à une paix intérieure.

Une culture de paix commence avec l’individu et la paix intérieure en est la clef pour l’atteindre. Pour accéder à cette paix intérieure, la personne doit être mûre, ce qui veut dire qu’elle doit être responsable, d’où cette exigence d’entretenir le cœur et de forger un caractère responsable chez nos enfants.

Quand à la personnalité, elle se construit toute la vie de façon permanente et progressive : La personnalité est, selon nous, « ce que l’on pense », « ce que l’on ressent », « ce qu’on en fait », et « pourquoi on le fait » avec une règle commune, celle d’être guidée par sa conscience qui devra servir l’intérêt supérieur.

En effet, l’être humain est un être de conscience et la conscience se cultive autant à la maison, qu’à l’école que dans la communauté. La conscience nous incite à honorer nos engagements, et elle se traduit à chaque instant de notre vie par le respect de quatre règles :

  • discerner le bien et le mal
  • faire passer l’intérêt supérieur avant le sien
  • respecter ses engagements individuels et collectifs
  • renforcer sa propension à l’altruisme

Le troisième principe est que la famille est une institution fondamentale pour l’apprentissage de l’amour.

La famille permet de transmettre des valeurs et des traditions, et son rôle essentiel est le « développement du cœur » grâce aux  divers amours qui composent les relations affectives.

L‘amour filial : L’enfant reçoit l’amour de ses parents et apprend à y répondre.

L‘amour fraternel : L’amour des frères et les sœurs se tisse à travers les liens de camaraderie et d’amitié.

L‘amour conjugal : L’amour des époux se développe dans l’intimité du lien conjugal et cet amour est basé sur la confiance et la fidélité.

L‘amour parental : l’amour des parents se développe par l’attention continue apportée à leurs enfants. Comme vous le savez, cet amour est le plus exigeant car il nécessite un investissement et un sacrifice constants.

Dans toutes les cultures du monde, l’amour est un pilier pour la cohésion entre les membres de la famille.  L’expérience d’une vie familiale est commune à toutes les cultures, par conséquent l’humanité représente une base commune qui peut relier des personnes de nationalité, de cultures ou de traditions philosophiques différentes.

Le quatrième principe est l’altruisme avec une exigence de développer le « vivre pour les au- tres ».

L’idéal des relations est de « vivre pour un but plus élevé » : tous les êtres existent et agissent grâce au « donner et recevoir ». Quand l’individu est prêt à servir la communauté, celle-ci en bénéficie et sert de même l’individu. L’individu vit pour sa famille et la famille sert la société. Ainsi quand les nations vivent pour le monde, la prospérité du monde s’étend à toutes les nations. Une culture de paix ne s’impose pas du dehors, elle se cultive dans le cœur de ceux qui aiment la paix.

Le cinquième principe est la réconciliation

Nous avons opté pour le terme de coopération conférée par l’UNESCO, car ce terme transcende, selon nous, les barrières ethniques, les cultures et les religions.

Nous retiendrons comme exemples de réconciliation, celle de personnes de paix tels que Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela qui par leur courage et leur sagesse nous inspirent quotidiennement.

Nelson Mandela disait que « pour faire la paix avec un ennemi on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé »

3 – Les réalisations de la FFPM dans le monde

Voici quelques réalisations que nous menons depuis des années pour instaurer une culture de paix. Dans les dernières années, les membres de la FFPM se sont engagées dans des projets et des activités

humanitaires dans les pays en voie de développement, en aidant les femmes à prendre confiance en elles- mêmes, en construisant des écoles, en parrainant des enfants, et en offrant une éducation sanitaire pré- ventive du VIH/Sida.

Depuis 1997, la FFPM-Internationale a été dotée du statut consultatif général auprès du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC). Elle cherche à promouvoir les « objectifs du Millénaire pour le développement » fixés par l’ONU, particulièrement ceux qui visent l’éradication de la pauvreté et le ren- forcement des capacités féminines.

Les Ambassadeurs de Paix de la FFPM

Nous remettons des nominations pour remercier des personnes qui œuvrent pour la paix. Nous leur remettons, lors d’une cérémonie publique, à titre symbolique, le titre d’ « Ambassadeur de paix ».

Ces personnes de paix – de toutes confessions (chrétiens, musulmans, hindous, bouddhistes, non-croyants) et de toutes nationalités travaillent ou œuvrent dans tous les domaines d’activités – ils ont été retenues pour leur abnégation à travailler pour la paix dans le monde.

Les actions de jumelages de femmes de pays autrefois en guerre

Des jumelages entre femmes de pays autrefois ennemis sont organisés. Notre premier jumelage s’est fait entre la Corée et le Japon en 1994 et a permis de nouer des liens de réelle amitié entre ces femmes malgré les traumatismes laissés par les quarante ans d’occupation japonaise. Nous avons initié 200 000 jumelages de femmes.

D’autres jumelages ont été initiés tel que celui construit entre le Japon et les États-Unis. Plusieurs pays européens ont suivi notre initiative et ont instauré des liens multiples entre femmes de divers pays. En France, le premier jumelage a été organisé en 1997 entre femmes françaises et  femmes japonaises. Il s’en est suivi d’autres : entre la France et l’Allemagne, la France et l’Afrique, la France et l’Angleterre, la France et la Corée. Tous ces jumelages ont porté leurs fruits car les liens noués entre ces femmes conti- nuent jusqu’à présent.

Je profite de ce moment d’échange pour porter à votre connaissance que le prochain jumelage aura lieu le 2 juin 2012 à Paris pour commémorer le cinquantenaire de la fin de la guerre entre l’Algérie et la France.

Nous organisons des conférences européennes et des rencontres internationales

Depuis 1997, nous organisons annuellement des rencontres de femmes du Proche-Orient pour la paix au Proche-Orient.

Avec d’autres organisations internationales, nous avons tenu plus de dix-sept initiatives de paix qui se sont déroulées toutes en Israël. Des femmes israéliennes et palestiniennes se sont rencontrées et se sont parlées.

En 2007, une conférence qui a réuni 720 femmes de 50 nations a été organisée en Corée du Nord pour la réunification des deux Corées.

Nous organisons régulièrement des événements pour marquer les journées internationales officiali- sées par les Nations unies.

Nous menons également des projets de service humanitaire qui réunissent des jeunes de toute confes- sion et de cultures différentes autour d’un projet commun. Ces rencontres permettent de créer des liens d’amitié durable.

Conclusion

Notre initiative pour une culture de paix va plus loin qu’une politique de paix, car elle dépasse l’idée de l’absence de guerre et de signature de traités. Elle représente une véritable tentative de réconciliation et relève d’un long apprentissage familial et ensuite sociétal qui ne peut faire l’objet d’une approche réducti- ve. S’engager pour une culture de paix dans le monde, c’est proclamer une manière « d’être, de faire et de vivre » qui s’apprend, se développe et surtout s’entretient.

Cette culture de la paix, nous la pratiquons et nous la faisons apprendre à nos enfants qui en prennent conscience au niveau individuel pour être crédible dans leurs actes. Au niveau collectif, notre res- ponsabilité va plus loin car elle prend en compte les autres, et ces deux formes de responsabilité – indivi- duelle et collective – ne doivent être pas être dissociées.

Je terminerai par quelques mots qui me sont très personnels. Je souhaite exprimer toute ma conviction, sur ce qui m’a forgé tout au long de ma vie, celle de servir la paix avec mon cœur, car cultiver son cœur et sa personnalité est le défi de toute une vie. Quand l’âme grandit, la personnalité s’affirme et on a conscience de notre responsabilité en tant que personne pour aider à instaurer une culture de paix dans le monde.

Je vous remercie pour votre écoute.