Célébration des Journées internationales des familles et du vivre-ensemble
16 mai 2026 – Espace Barrault, Paris
À l’occasion de la Journée internationale des familles et de la Journée internationale du vivre-ensemble en paix, célébrées respectivement par l’ONU les 15 et 16 mai, la Fédération pour la paix universelle (FPU) et la Fédération des femmes pour la paix mondiale (FFPM) ont organisé une rencontre à l’Espace Barrault, à Paris, sur le thème :
« Vivre ensemble, en famille et en société ».
Devant une salle comble et un public particulièrement diversifié, trois intervenants ont célébré avec conviction les valeurs communes de la famille et du vivre-ensemble. Leurs interventions ont permis d’éclairer le public sur la politique familiale en France, les fondements philosophiques et académiques de ces valeurs dans notre pays, ainsi que sur la richesse de la culture familiale africaine.
La réunion a été introduite par Brigitte Wada, présidente de la FFPM en France, qui a présenté un bref historique de ces deux Journées internationales de l’ONU, tout en soulignant leur complémentarité et leur convergence.
La première intervenante, Christine Jouan-Bruneau, universitaire et maire-adjointe honoraire de Boulogne Billancourt, a partagé l’expérience acquise au cours de nombreuses années d’engagement public en charge des affaires familiales dans une grande ville de la région parisienne.
Mme Jouan-Bruneau a évoqué les défis auxquels les familles sont aujourd’hui confrontées : les conséquences du délitement des valeurs familiales sur les plans social, éducatif et affectif, la montée des violences chez les jeunes, ainsi que les difficultés vécues par les familles monoparentales. Tout en rappelant les facteurs sociaux qui contribuent à cette situation, elle a mis l’accent sur ce qu’elle considère comme le cœur du problème : l’affaiblissement des liens familiaux, notamment du mariage, ainsi que le déclin de l’autorité parentale.
Le deuxième intervenant, Laurent Ladouce, a abordé la question de la famille sous l’angle philosophique.
Le Dr Ladouce a retracé les origines des notions de « vivre ensemble » et d’altruisme dans les pensées d’Ernest Renan et d’Auguste Comte. Il a également évoqué le sociologue Frédéric Le Play, pionnier des études familiales, qui mit en évidence l’influence des systèmes familiaux sur les structures sociales et politiques.
Comparant l’ordre naturel de l’univers à celui de la famille — reconnue par la Charte des Nations unies comme l’unité fondamentale de la société —, il en a proposé une interprétation psychologique et affective. Reprenant certains concepts orientaux de l’ordre familial, il les a rapprochés de la notion d’« homo dialogus » développée par Martin Buber, en décrivant les quatre sphères fondamentales du développement affectif et éthique de l’être humain : l’amour filial, fraternel, conjugal et parental.
Le troisième intervenant, Patrick Mangala, journaliste, membre du Club RFI , une branche humanitaire de France Média monde, a entraîné le public dans une exploration passionnante de la culture familiale africaine.
Originaire de Kisangani, en République démocratique du Congo, il a mis en lumière les caractéristiques de la famille africaine : sa structure élargie et solidaire, son rôle éducatif fondamental dans la société et son importance économique dans le développement des individus.
Il a raconté son parcours de jeune Africain confronté à une culture française très différente, où les valeurs familiales lui semblaient plus fragilisées face à l’individualisme. Avec passion et humour, il a évoqué son désarroi initial, son adaptation progressive et la conviction à laquelle il est finalement parvenu : malgré les évolutions sociales, la famille demeure la gardienne de l’identité culturelle. Pilier essentiel de la société africaine, elle constitue une force de cohésion, d’éducation et de solidarité collective, et représente ainsi un fondement majeur pour l’avenir du continent africain.
Les présentations ont ensuite suscité échanges et questions, nourris par la richesse et la diversité des parcours, des sensibilités et des expériences familiales des participants, notamment autour des différences et des convergences entre les modèles africains, européens et orientaux.
En conclusion de la rencontre, Jacques Marion, président de la FPU en France et en Europe-Moyen Orient, est revenu sur plusieurs points essentiels abordés au cours de la conférence.
Il a notamment souligné le lien indissociable entre le vivre-ensemble et l’éthique familiale. Rappelant la devise de la Fédération pour la paix universelle — « interdépendance, prospérité mutuelle et valeurs universellement partagées » —, il a insisté sur la nécessité d’un vivre-ensemble fondé à la fois sur le partage des ressources économiques, sur la coopération politique en vue d’une prospérité commune, et sur une éthique familiale solide. Selon lui, cette dernière constitue le socle de l’éthique démocratique et de la fraternité, aujourd’hui confrontées aux défis de la fragilité du lien conjugal et de l’affaiblissement du rôle parental, pourtant essentiels dans la formation de la jeunesse.
La réunion s’est achevée par la remise de certificats d’Ambassadeurs de la paix à trois participants, les encourageant à poursuivre leur engagement en faveur du dialogue interculturel et international, en rejoignant le réseau mondial des Ambassadeurs de paix de la Fédération pour la paix universelle.




