Discours de S.E. Syed Youssouf Raza Gilani à l’occasion du Rallye pour la Paix

Bismillah ar rehman ur Rahim,

Asalam-A-lekum

Excellences, invités de marque, mesdames et messieurs :

C’est un honneur et un privilège d’avoir l’occasion de m’exprimer dans le cadre de ce prestigieux forum. Je remercie SE Madame Moon la co-fondatrice de la Fédération pour la paix universelle (FPU) pour son engagement inébranlable et sans faille à promouvoir la paix et l’harmonie. La FPU a une fois de plus lancé une grande initiative en convoquant un dialogue sur le sujet le plus crucial et le plus brûlant à l’heure actuelle, mais dont l’impact sur les transformations à venir peut s’avérer considérable. Nous vivons sans doute un tournant crucial de l’histoire. La façon dont nous répondons à la menace de la pandémie mondiale du Covid-19 et les leçons à tirer de l’expérience sont d’une importance cruciale.

Je parle aussi en tant que survivant du Covid-19. L’expérience des soins qui m’ont été prodigués m’invite à la modestie. Mais cela me rend aussi vivement conscient du sort de ceux qui ont eu moins de chance. J’espère et je prie pour qu’une vaccination soit bientôt disponible et que nous vaincrons collectivement ce virus.

Le défi est avant tout une urgence sanitaire. Des centaines de milliers de personnes sont mortes, des millions de familles ont été touchées. Les systèmes de santé dans de nombreux pays se sont effondrés. Ils sont sous tension et surchargés dans de nombreux autres. Des vies sont perdues, les moyens de subsistance sont aussi menacés. La pandémie étrangle notre économie. Les entreprises doivent mettre la clé sous la porte. La fermeture des frontières menace le commerce mondial. Nos secteurs les plus fragilisés de la société ont été les plus touchés par le virus : les travailleurs à faible revenu, les chômeurs, les personnes handicapées.

Cependant, cette adversité présente aussi de grandes opportunités ; il y a de l’espoir. Le virus ne fait aucune discrimination d’ordre religieux, national ou ethnique. Il n’est pas limité à certains pays ou confiné à l’intérieur des frontières. Le défi de Covid-19 est un défi pour toute l’humanité. Pour être efficace, la réponse devra s’appuyer sur la coordination, les valeurs universelles et un esprit de collaboration. Nous avons l’occasion de réaliser nos liens communs avec l’humanité. La pandémie nous menace tous, nous ne pouvons la surmonter qu’ensemble.

Au fil des années et des décennies, nous avons surmonté les famines, les pestes et les guerres et nous l’avons fait ensemble. Le lendemain de la première guerre mondiale vit la formation de la Société des Nations. Les destructions provoquées par la Seconde Guerre mondiale menèrent à la création de l’ONU et de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Aujourd’hui, nous devons à nouveau mettre en commun nos ressources, notre savoir-faire, nos énergies et notre compassion pour œuvrer en faveur d’un monde sûr, bon et juste.

Mon pays, le Pakistan, fait face à d’énormes défis et a été l’un des pays les plus touchés par le Covid-19. Cependant, le peuple pakistanais a fait preuve d’un courage et d’une résilience exceptionnels face à une économie en difficulté, une pandémie meurtrière, une possible insécurité alimentaire causée par des attaques de sauterelles et des conflits régionaux. Nos médecins, nos personnels soignants et paramédicaux ont sacrifié leur vie pour protéger la nôtre.

La crise de Covid-19 est l’occasion de réfléchir aux priorités en tant que dirigeants et en tant que pays. Il faut avant tout protéger notre population contre la maladie et la mort, ce qui exige des systèmes de santé adéquats, accessibles à tous. Nous devons protéger les sujets économiquement marginalisés pour les sauver de la pauvreté et de la faim. On ne peut offrir à son peuple le choix entre la famine et l’infection.

La crise de Covid-19 a également mis en lumière le besoin de science et d’éducation pour lutter contre la maladie et l’ignorance. Il faut aussi se demander comment nous en sommes arrivés à avoir 800 millions d’enfants non scolarisés dans le monde. Près de 22 millions d’enfants n’ont pas accès à l’éducation au Pakistan. On doit faire mieux.

Le choix existe. Le choix entre polarisation, division, haine d’un côté, et unité, amour et bonté de l’autre. Des défis sans précédent s’accompagnent d’opportunités sans précédent. Aujourd’hui se présente une opportunité pour le monde, en particulier les pays riches, de se tenir aux côtés de pays qui n’ont pas les ressources nécessaires pour lutter seuls. Les dettes des pays à faible revenu devraient être restructurées pour leur donner la possibilité de sauver la vie et les moyens de subsistance de leur population. Le vaccin doit appartenir à l’humanité, à tout le monde.

Nous devons faire plus que survivre à cette pandémie. Il faut en sortir plus forts, meilleurs et plus ouverts qu’auparavant. D’autres défis communs à l’humanité tels que le changement climatique, l’extrême pauvreté et le manque d’accès à l’éducation doivent être combattus avec succès avant qu’il ne soit trop tard.

Nous avons l’opportunité de commencer à nous mettre en route vers le début d’un nouveau monde basé sur la fraternité et l’empathie. Nous devons saisir cette opportunité. J’espère que nous le ferons.

Merci.

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