Discours de  S.E. Mirek Topolanek à l’occasion du Rallye pour la Paix

Chers amis, vous tous qui êtes des personnes de bonne volonté,

Le monde après la crise des coronavirus pourrait être différent. Mais qu’est-ce qui sera différent ?

Chacun a sa propre idée. À mon avis, nous n’avons pas à réorganiser ou à redémarrer le monde, il faut le restaurer. Nous devons rétablir nos atouts, grâce auxquels l’Europe d’après-guerre a appris à mieux vivre. En jouant de ces atouts, nous ferons en sorte d’aider la planète entière à mieux vivre. Je parle de paix et de prospérité : les objectifs fondamentaux de l’ancienne Communauté européenne du charbon et de l’acier ; je parle de valeurs capables de protéger notre liberté.

Ces valeurs, qui étaient bonnes pour nos anciens il y a sept décennies, ont permis de réunir et d’unifier l’Europe et d’assurer sa sécurité et sa prospérité après la guerre dévastatrice. Ces valeurs sont sûrement assez bonnes pour nous après la crise du Covid 19. Si le monde a besoin de changer, il doit s’agir d’un changement pour revenir à la paix et à la prospérité, lesquelles ont cessé d’être perçues comme des    objectifs essentiels pour beaucoup d’entre nous ; certains parce qu’ils ont perdu confiance en ces objectifs, d’autres parce qu’ils les ont considérés comme atteints et assurés définitivement. Les deux          approches sont fausses. La paix est menacée, la prospérité a irrémédiablement disparu et la liberté se réduit lentement mais sûrement au bout du compte.

La prospérité et la sécurité semblent des valeurs trop étroites, trop obsolètes, trop « conservatrices » pour bien des gens aujourd’hui. Ainsi donc, nous devrions être de plus grands « visionnaires », plus « ambitieux », et soi-disant plus « progressistes ». Nous devrions nous battre avant tout pour les droits climatiques, raciaux, de genre et culturels. Mais voilà, la paix et la prospérité ne sont pas dépassées,    assurée et garanties. Je crains que cette substitution de priorités ne soit une erreur fatale. La crise du    coronavirus ne fait que le souligner.


En réalité, de larges groupes de citoyens occidentaux se sentent menacés par la mondialisation, les      migrations massives, le terrorisme et la crise économique. Ils ont peur de perdre une réalisation        historiquement unique de la civilisation occidentale qui fut acquise grâce au plan Marshall, à la        Communauté européenne du charbon et de l’acier, à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et à la présence américaine en Europe. Pour la première fois dans l’histoire, la mécanique de la civilisation a pu apporter une vraie prospérité et une réelle sécurité à tous, et pas seulement au petit groupe d’élites.


À l’heure actuelle, même la classe moyenne est incertaine et craint de perdre les acquis de la 2e moitié du 20e siècle. La majorité du monde n’a toujours pas atteint ces objectifs. La Grande Récession et la crise actuelle du coronavirus ne font qu’aggraver ces craintes et incertitudes. J’ose dire que la tâche la plus importante consiste à donner à un travailleur de Détroit l’assurance qu’il conservera son statut  actuel et à donner à un producteur de sorgho au Kenya un réel espoir qu’il obtiendra bientôt un statut similaire. La paix et la prospérité sont les besoins humains fondamentaux et nous devons les garantir. Si les gens n’ont pas ces besoins fondamentaux, il serait mal venu de leur en imposer d’autres.

Il n’est pas juste et il n’est pas sage de faire payer au peuple un prix élevé pour des objectifs « nobles » choisis par les élites libérales, sans discussion préalable et approfondie avec la population. Les élites   libérales tentent d’abuser de la peur de l’infection pour faire passer de nouvelles idéologies menant à la perte de liberté et à la dépendance. Alors que la classe politique, les journalistes, les intellectuels et les représentants de sociétés multinationales profitent de la mondialisation, des centaines de millions de personnes ont des soucis et des difficultés. D’un autre côté, seules les sociétés suffisamment prospères et sûres disposent des ressources, du potentiel et de l’intérêt nécessaires pour se soucier de l’environnement, du statut des minorités raciales et sexuelles, des droits des femmes et de l’aide humanitaire.

Ramenons l’Occident sur la route, qui fut suivie dans l’après-guerre, et amenons également le reste du monde à emprunter ce chemin aux côtés de l’Occident. Fournissons aux gens les besoins essentiels et ils prendront soin eux-mêmes des nobles objectifs, comme ils le faisaient il y a 70 ans.

Ne voulons pas d’un réarrangement ou d’un redémarrage, mais cherchons plutôt à ranimer les vertus classiques.

Cherchons un libre-échange sans francs-tireurs comme la Chine, qui n’exploite le marché libre que pour protéger son propre marché.

Désirons une OTAN forte qui garantira la sécurité mondiale et le développement pacifique.

Insistons sur les droits de l’homme et ne permettons à personne d’en profiter.

Plaidons pour un nouveau consensus environnemental basé sur des innovations et non sur une        idéologie ; basé sur la protection de l’environnement pour la vie et non sur la mise en danger de la vie pour des raisons environnementales.

Voulons arracher les décisions fondamentales sur l’avenir des mains d’élites non élues et les renvoyer à une prise de décision publique démocratique, comme c’était le cas auparavant.

La destruction du coronavirus ne peut pas être égale à la destruction de la Seconde Guerre mondiale. Nous sommes beaucoup plus forts, plus riches et avons de plus grandes capacités que nos ancêtres des années 50. Mais j’estime que par rapport à eux, nous manquons de foi, de volonté, de confiance en nous et de capacité à faire la distinction entre l’essentiel et le non-essentiel. Néanmoins, j’espère que nous pourrons encore progresser vers l’objectif de paix et de prospérité dans le monde. Il n’y a pas de restauration sans conservation. Préservons le bien du passé, évitons les erreurs bien connues et nous ne perdrons pas l’avenir. Vos vies comptent !

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