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Conférence internationale des dirigeants (ILC) – Août 2021 – Session 3

Session III – “Perspectives pour une Union économique de l’Asie du Nord-Est” – 20 août 2021

Eve Lau, secretary general of the Chinese People's Federation for World Peace International Dr. Claude Béglé, Swiss entrepreneur, founder and president of the investment company Symbioswiss Dr. Vladimir Petrovsky, chief researcher at the Russia-China Center of the Institute of Far Eastern Studies of the Russian Academy of Sciences Professor Zhiyue Bo, founder and president of the Bo Zhiyue China Institute in New Zealand Gerard Willis, chair of the HJ Magnolia Korea Foundation in South Korea

Cette session a été organisée conjointement par la FPU, l’ Association internationale des académiciens pour la paix (AIAP – affiliée à la FPU) et l’Association internationale pour la paix et le développement économique (AIED).

En tant que modératrice, Mme Eve Lau, secrétaire générale de la Fédération du peuple chinois pour la paix mondiale, a souhaité la bienvenue aux membres experts du panel, partageant leur point de vue et connaissance sur le sujet.

Le Dr Claude Béglé, fondateur et président de Symbioswiss et ancien député de Suisse, a évoqué la possibilité d’un regain de prospérité en Asie du Nord-Est, d’une entente entre l’Est et l’Ouest, des résultats positifs du dialogue et de la compréhension mutuelle, et en fin de compte, le potentiel de l’Asie du Nord-Est à devenir une graine pour la paix. L’intégration d’apports économiques supplémentaires peut apporter la stabilité et la réussite par un effort commun vers un objectif de valeurs partagées, a-t-il déclaré. Pour atteindre le niveau de coopération nécessaire à la construction d’une union économique, la compréhension et le respect sont nécessaires, pouvant même réduire la portée de l’idéologie ou de la propagande nationaliste.

La rivalité entre les États-Unis et la Chine est un obstacle à la voie de l’unité économique, a déclaré M. Béglé. De plus, l’économie asiatique dépassera l’économie nord-américaine, ce qui pourrait poser un risque de représailles de la part de l’Occident pour ralentir cette tendance. Cependant, bien que la voie de l’unité économique ne soit pas encore claire, l’intégration économique est déjà en vigueur : la plupart des pays voisins commercent à grande échelle avec la Chine, le Japon et la Corée du Sud. De plus, vu l’exemple réussi de l’Union européenne, l’Europe peut aider à concevoir un modèle similaire en Asie du Nord-Est et peut agir en tant que médiateur.

Le Dr Vladimir Petrovsky, chercheur principal au Centre Russie-Chine – Institut d’études d’Extrême-Orient de l’Académie des sciences de Russie – a comparé les différences géopolitiques et culturelles entre l’Europe et l’Asie du Nord-Est et a mis la lumière sur les facteurs qui peuvent être un obstacle à la création d’une union en Asie du Nord-Est. L’UE a évolué à partir d’organisations fondées après la Seconde Guerre mondiale et a encouragé la fin des conflits, a-t-il déclaré.

Cependant, l’Asie du Nord-Est n’a pas suivi cet exemple, lequel accrédite les interprétations différentes et opposées des conséquences historiques, géopolitiques et juridiques de la Seconde Guerre mondiale. De plus, les Européens sont culturellement enclins à l’interaction collective. On ne peut pas en dire autant de l’Asie du Nord-Est, qui a manqué de mécanismes pour des actions collectives dans le domaine de la sécurité et de la coopération économique.

M. Petrovsky a proposé d’étudier l’expérience de l’Association des gouvernements régionaux de l’Asie du Nord-Est. Cette organisation soutient la coopération interrégionale, laquelle comprend les gouvernements de la Russie, de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud, de la Corée du Nord et de la Mongolie, et qui réunit 77 administrations régionales. M. Petrovsky a déclaré que les grands projets d’infrastructure amélioreront les interconnexions économiques dans la région et favoriseront la création d’une union économique en Asie du Nord-Est.

Le professeur Zhiyue Bo, fondateur et président de l’Institut chinois Bo Zhiyue en Nouvelle Zélande, a proposé une Union économique de l’Asie du Nord-Est basée sur le modèle de l’UE, qui aurait trois objectifs principaux :

– La création d’un marché unique en Asie du Nord-Est (y compris en Chine);
– La création d’une monnaie unique ;
– l’établissement d’une seule zone de voyage.

Ces changements, cependant, ne se produisent pas instantanément mais nécessistent un processus impliquant la contribution de plusieurs acteurs, a déclaré le professeur Bo. L’UE a été créée sur la base de petites initiatives, qui se sont ensuite développées avec la participation de 26 pays.

Le professeur Bo a donné un aperçu des effets positifs d’une telle union :

– Sa population pourrait être quatre fois supérieure à celle de l’UE ;
– Son territoire pourrait couvrir 6,457 fois celui de l’UE ;
– Son économie serait environ 1,54 fois supérieure à celle de l’UE.

En tant que marché unique, a-t-il conclu, il serait le plus grand du monde. En tant que monnaie unique, celle-ci servirait à la plus grande population de la planète, et en tant que zone de voyage unique, elle serait la plus grande sur terre. Cela éliminerait les guerres potentielles dans la région entre les États membres.

M. Gerard Willis, président de la Fondation HJ Magnolia Corée en Corée du Sud, a déclaré : à mesure que le monde sortira de la pandémie causée par le Covid-19, la coopération économique régionale jouera un rôle important dans l’assemblage des éléments d’une économie mondialisée. Celle-ci favorisera la croissance et réduira la pauvreté. Bien que l’intégration économique régionale en Asie du Nord-Est ait été lente à démarrer, a-t-il dit, la nécessité de la coopération économique est maintenant reconnue dans d’importants pactes asiatiques régionaux et sous-régionaux.

La coopération économique régionale dans la région Asie-Pacifique est un phénomène relativement nouveau, a déclaré M. Willis. Toutefois, des progrès ont été réalisés dans le cadre de la zone de libre-échange de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est)  en 1992, qui a abouti à la création de la Communauté économique de l’ASEAN en 2015.

Cependant, les progrès d’une union économique sont au point mort pour de nombreuses raisons : les rivalités et tensions politiques actuelles, les souvenirs des atrocités de la Seconde Guerre mondiale, les conflits territoriaux non résolus alimentant encore le ressentiment. Il faudra que les nations et les peuples d’Asie du Nord-Est oublient les fautes du passé et se voient partager un destin commun en se concentrent sur le potentiel d’échanges pacifiques futurs. Les liens historiques profonds de l’Asie de l’Est, en particulier culturels, philosophiques, religieux et esthétiques, peuvent être la base d’une collaboration régionale plus étroite, a-t-il conclu.

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