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Conférence internationale des dirigeants (ILC) – Août 2021 – Session 5

Idéologies, visions du monde et relations internationales

Session V –  » Visions du monde divergentes sur la réunification coréenne : Comment pourront-elles devenir un facteur décisif ? » – 20 août 2021

Kaeleigh Moffit, congressional liaison for UPF-USA Michael Breen, author and commentator in South Korea, CEO of Insight Communications Consultants Dr. Yevgeny Kim, researcher at the Center for Korean Studies at the Institute of the Far East of the Russian Academy of Sciences Torbjørn Færøvik, historian, journalist and author specializing in East Asia Bruce Klingner, senior research fellow for Northeast Asia at the Asian Studies Center of the Heritage Foundation think tank Dr. Thomas Ward, president of the Unification Theological Seminary in the United States

Cette session a été organisée conjointement par la FPU et l’Association internationale des académiciens pour la paix (IAAP – branche de la FPU).

L’animatrice, Mme Kaeleigh Moffit, chargée de liaison de la FPU Etats-Unis avec le Congrès américain, a souhaité la bienvenue aux participants et présenté les cinq éminents intervenants de la session.

M. Michael Breen, auteur et commentateur en Corée du Sud, PDG de Insight Communications Consultants, également ancien correspondant du Washington Times et du Guardian, a parlé des valeurs au coeur de la réunification coréenne. Il a évoqué un commentaire exprimé il y a 30 ans par un ambassadeur allemand selon lequel aucune puissance étrangère ne peut s’opposer moralement à l’unification coréenne. C’est donc aux Coréens de s’unir. Comme ils ne l’ont pas fait, cela signifie que pour les Coréens, il y a une autre chose plus importante : les valeurs nationales. Les Nord-Coréens et les Sud-Coréens restent séparés parce qu’ils ont des valeurs opposées, a déclaré M. Breen.

Il a proposé trois solutions à prendre en considération avant de prendre des mesures tactiques pour la réunification de la Corée.

– Créer la vision d’une Corée attractive et unifiée – un État démocratique fondé sur le droit et doté d’un système  économique de marché libre ;
– Élargir la vision pour inclure l’Asie du Nord-Est tout en faisant un effort actif pour emmener des États non libéraux comme la Chine dans cette direction ;
– Impliquer les Nord-Coréens dans divers pourparlers et échanges.

Le Dr Evgeny Kim, chercheur principal au Centre d’études coréennes – Institut d’Extrême-Orient de l’Académie des sciences de Russie -, a évoqué l’espoir qu’avaient certains d’un décès soudain du dirigeant nord-coréen, provoquant ainsi l’effondrement du régime, lequel entraînerait la réunification rapide du pays. Ce n’est pas faisable, a dit le Dr Kim. Car le régime nord-coréen ne s’effondrera pas avant que n’y apparaisse son propre Gorbatchev. Le Dr Kim a soutenu qu’il n’y aura pas d’unification dans les 15 à 20 années à venir.

Selon le Dr Kim, il n’y a pas de fondement pour l’unification des deux Corées, étant elles-mêmes deux pôles opposés. Elles seront donc en désaccord sur les principes sociaux, économiques, politiques et moraux du futur État unifié, ainsi que sur la stratégie de mise en oeuvre de l’unification.

M. Kim a déclaré qu’il ne voyait aucune solution possible, ni par la religion, ni par les lois coutumières ou le nationalisme.  Il faudrait chercher des moyens d’unir la Corée par un processus graduel et à long terme en établissant une coopération économique et commerciale, avec la création des projets multilatéraux auxquels participeraient les deux Corées ainsi que d’autres pays.

M.Torbjørn Færøvik, historien norvégien, journaliste et auteur spécialisé de l’Asie de l’Est, s’est concentré sur la perspective chinoise, déclarant que depuis des siècles la Chine a des inquiétudes par rapport à la péninsule coréenne. Même si l’économie de la Corée du Nord se portait mieux peu de temps après la guerre de Corée, celle de la Corée du Sud a connu une croissance rapide dans les années 1960.

Après le décès du président Mao en 1976, l’opinion de la Chine a changé par rapport au problème coréen. En fait, les dirigeants chinois accordent aujourd’hui une grande importance aux relations avec la Corée du Sud, en contraste avec celles accordées à la Corée du Nord.

Même si maintenir la Corée du Nord à flot est un fardeau pour la Chine, elle n’a pas d’autre choix, car l’effondrement de la Corée du Nord signifierait la fuite de millions de réfugiés vers la Corée du Sud et la Chine. De plus, la Chine ne veut pas à sa frontière d’un pays unifié adossé aux États-Unis.

Même si la Chine souhaite une solution pacifique à la question coréenne, le président Xi Jinping n’est pas pressé, a déclaré M. Færøvik. Il est plus important pour ce dernier, dans cette phase, de maintenir l’économie de la Corée du Nord en vie, de ralentir ou au mieux d’arrêter le programme nucléaire du pays, et modérer le président Kim Jong Un.

M. Bruce Klingner, des États-Unis, chercheur senior pour l’Asie du Nord-Est au Centre d’études asiatiques du groupe de réflexion Heritage Foundation, s’est concentré sur l’alliance trilatérale entre les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud. Dans ces relations trilatérales, a-t-il dit, celles entre Séoul et Tokyo sont faibles. Les relations entre Séoul et Tokyo ont toujours été difficiles, a-t-il dit, mais ce sont actuellement les pires parmi les 28 années consacrées ses recherches sur l’Asie du Nord-Est.

Aujourd’hui, les États-Unis se lassent du désaccord entre le Japon et la Corée du Sud. Les Etats-Unis tentent de les amener à se concentrer plutôt sur les menaces actuelles, comme la Chine et la Corée du Nord, plutôt que sur celles des siècles passés.

M. Klingner a souligné que les États-Unis ne peuvent défendre la Corée du Sud sans le soutien du Japon. Il a conclu que les États-Unis pouvaient apporter leur soutien en coulisses, encourageant les deux nations à travailler ensemble pour mieux défendre non seulement la Corée du Sud mais aussi le Japon contre les menaces actuelles. De plus, les États-Unis et le Japon pourraient ensemble soutenir la réunification de la Corée, notamment en aidant la Corée du Sud à payer le coût de la réunification

Le Dr Thomas Ward, président du Séminaire théologique de l’unification aux États-Unis, s’est concentré sur le thème de la FPU et des relations interétatiques en Asie du Nord-Est. Il a souligné le mot « mûrissement » et a déclaré que dans chaque conflit vient un moment où les deux parties concernées concluent qu’il ne vaut pas la peine de continuer le conflit.

La guerre civile au Mozambique (1976-1992) en est un exemple. Lorsque les choses sont devenues « mûres » entre les deux parties opposées, un petit groupe religieux, Sant’Egidio, a servi de médiateur, et par conséquent un traité a été signé en 1992. M. Ward a suggéré que la FPU pourrait tenir le même rôle significatif dans le processus de la réunification de la Corée.

Lorsque la controverse sur les « femmes de réconfort » a été révélée pour la première fois dans les années 1990, les fondateurs de la FPU ont réuni des femmes coréennes et japonaises pour participer à une cérémonie de jumelage, au cours de laquelle elles se sont embrassées. De plus, a-t-il ajouté, dans le Mouvement de l’Unification, plus de 5000 couples mixtes japonais-coréens se dévouent à oeuvrer pour une paix durable entre le Japon et la Corée.

Concernant la Corée du Nord et la Corée du Sud, en 1991, le Révérend Moon a rencontré le président Kim Il Sung et a établi une profonde amitié avec ce dernier sans pour autant renoncer à ses propres valeurs, principes et engagements.

Conférence internationale des dirigeants (ILC) – Août 2021 – Session 4

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